Piégés

C'était une soirée apparemment ordinaire qui débutait pour la Team Rocket. Tous trois étaient paisiblement assis sur des rondins occupés à manger du pain sec et des conserves, réunis autour de leur feu de camp. Leurs ventres criaient famine; leur rappelant aigrement que cette fois encore, leur maigre repas du jour n'était pas suffisant. 

"Nous n'avons pas le choix. Nous devons absolument trouver une solution pour avoir plus d'argent. Mais laquelle?" Soupira Jessie. James et Miaouss ne lui répondirent pas. "Je vous ai posé une question!"
"Je sais" répondit James "Mais moi je n'ai aucune réponse."
"Moi non plus." ajouta Miaouss "En plus, tu vois bien que je suis occupé." dit-il en soulevant un journal qu'il venait juste de ramasser sur le sol à côté de lui et en commençant à le lire.
"Je vais t'en donner moi de l'occupation, sale sac à puces!" hurla Jessie en levant son poing, prête à le jeter dans le visage de Miaouss. "Hé! Calmos!" s'exclama le félin "Je la tiens peut-être la solution. Je vais regarder s'il n'y a pas quelques offres d'emploi à mi-temps qui pourraient nous aider à arrondir nos fins de mois."
"C'est n'importe quoi." répondit Jessie "On l'a fait plus d'une fois et ça ne nous a jamais enrichis."
"Peut-être." rétorqua Miaouss "Mais au moins ça nous a permis de ne pas mourir de faim."
"Là, tu gagnes un point." renchérit James.
"Bah, il semble pas y avoir grand chose." soupira le félin en tournant une page. Tout à coup, il sursauta. "Hé! Je crois que je viens de voir quelque chose d'intéressant!"
"Ah oui?! Et qu'est-ce que c'est?! Une annonce de casting pour un film à gros budget?" demanda Jessie les yeux brillant.
"Non! Mieux que ça!" s'écria le félin. Il roula ses yeux en regardant James qui s'occupait à astiquer une capsule de bouteille puis se glissa jusqu'à Jessie et lui indiqua la petite annonce qu'il venait juste de voir: "Regarde ça." L'annonce indiquait que les très fortunés Morgan's étaient rentrés de leur voyage autour du monde et promettaient une forte récompense à qui les aiderait à retrouver la trace de leur regretté fils disparu: James.
"On pourrait peut-être leur donner une petite info." Chuchota Miaouss "Mais alors il faut trouver une ruse pour qu'ils ne s'emparent pas de James."
"Et pourquoi ne pourraient ils donc pas le revoir? Ce sera beaucoup plus simple de leur livrer et on se débrouillera pour le récupérer après avoir reçu la récompense."
Miaouss regarda Jessie d'un air pas tout à fait approbateur. "Tu sais combien James redoute de retourner auprès de ses parents. Et si notre plan pour le récupérer échouait ça serait la catastrophe assurée."
"Ooooh mais ne te tracasse pas comme ça!" râla Jessie en s'emparant du journal "Je suis sûre que tout marchera comme sur des roulettes. On fait ce que je décide et puis c'est tout et j'ai décidé que nous leur livrons James!"
Ce dernier était si occupé par son travail sur sa capsule qu'il ne prêtait même pas attention au fait que ses amis complotaient sur son dos.
"Bien." soupira Miaouss "On fera comme tu l'as décidé Jessie mais si jamais quelque chose foire, tu ne pourras pas dire que je ne t'aurais pas prévenue."
"Ça sera un coup de génie!" 
Le cri perçant de Jessie attira l'attention de James. "Je peux savoir ce qui te rend si joyeuse?"
"Oh rien. Retourne à tes affaires. Tu comprendras le moment venu. Maintenant... Excuse moi un instant... Et ne t'avise pas de me suivre!" Elle s'éloigna dans la forêt en ricanant. James la regarda partir d'un air intrigué puis se remit à astiquer sa capsule comme si de rien n'était.
 
Une fois qu'elle fut assez à l'écart et certaine qu'elle ne pouvait pas être entendue, la jeune femme sortit de sa poche un téléphone portable qui lui avait été offert par Mondo et composa le numéro de téléphone situé sur l'annonce en PVC."Allo? Vous êtes bien Hopkins, le majordome du couple Morgan?" chuchota-t-elle "Je viens de voir l'annonce que vos patrons ont publié dans le journal local et je tiens à vous annoncer que j'ai une très bonne nouvelle pour eux. Une nouvelle qui les rendra sans aucun doute fous de joie. Oui... je sais où se trouve leur fils. Il est à quelques pas de moi en ce moment. D'accord. Je vais m'arranger pour qu'il ne bouge pas. Notre emplacement se situe......"

Pendant que Jessie téléphonait, Miaouss regardait James avec pitié. Ce dernier semblait si innocent, occupé à faire reluire ses vieilles capsules. (J'espère qu'il ne lui arrivera rien de mal) songea-t-il (Sinon, c'est sûr que je m'en voudrais. C'est peut-être la solution pour avoir de l'argent mais...) Ses pensées furent interrompues par le retour brutal de Jessie. Elle se tourna vers James et jeta la pokéball de son Papinox devant lui en criant: "Ne bouge surtout pas, James."
Il la regarda curieusement. "Qu'est-ce qui se passe?!"
Il ne comprit pas un instant ce qui lui arrivait lorsque Jessie hurla: "Papinox, utilise ta poudre dodo sur James!"
Dès que la poudre le toucha, il tomba comme une masse sur le sol; complètement endormi.
"Bon sang Jessie, qu'est-ce que tu fais?!" protesta Miaouss en s'approchant de son ami endormi. Il se pencha vers lui et le secoua pour voir s'il allait bien. Il fut soulagé de l'entendre ronfler.
"C'est le moyen le plus facile que j'ai trouvé pour l'obliger à retourner chez ses parents sans qu'il n'en fasse tout un drame et essaye de s'enfuir."
Miaouss croisa ses pattes et secoua sa tête pour montrer son désaccord. "C'est tout à fait abjecte." Il se détourna en pensant en lui-même qu'il aurait mieux faire de ne jamais montrer l'annonce à son associée féminine.

 A peine un quart d'heure plus tard une limousine apparu dans la clairière et freina juste à côté du trio, faisant sursauter la jeune femme et le chat pokémon.
"Wow! C'est ce que j'appelle du rapide!" s'exclama Jessie en observant le vieux majordome des parents de James sortir du véhicule et se diriger vers leur ami endormi.
"Vous avez fait du beau travail, Mademoiselle." annonça Hopkins en soulevant le corps inerte sous son bras. "Monsieur et Madame vous enverrons votre récompense sur votre compte bancaire d'ici ce soir."
"Vous les remercierez de ma part." répondit Jessie snobement en observant le vieil homme décharger James sur la banquette arrière avant de se remettre au volant et de démarrer en trombe.
Miaouss la regarda méchamment. "Aurais tu complètement perdu l'esprit?"
"Non." répondit simplement Jessie "Je me laisse guider par l'appel de l'argent."


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Comme prévu, les parents de James furent aux anges lorsqu'ils observèrent leur majordome déposer leur fils endormi sur un canapé devant eux.
"Il a l'air tellement sage quand il dort." chuchota sa mère.
"Si seulement il pouvait toujours être comme ça." soupira son père.
Il prit quelques minutes à James pour se réveiller. Quand il commença à reprendre conscience, il ressentit la sensation étrange qu'il avait changé d'endroit et qu'il se trouvait à un emplacement familier. Il entrouvrit ses yeux ensommeillés et se frotta longuement les paupières, aveuglé par la lumière mais dès que sa vue redevint nette, il poussa un cri d'effroi en découvrant où il se trouvait.
"Je dois être en plein cauchemar!" hurla-t-il en reculant jusqu'au bout du canapé.
Ses parents éclatèrent de rire. "Mais non, voyons, James. Tu ne rêves pas. Tu es bel et bien de retour à la maison."
"Mais... mais... mais... Comment est-ce possible?!!!"
James observa les alentours d'un air perdu ne comprenant pas comment il avait pu atterrir à cet endroit alors qu'il y avait un instant à peine; il se trouvait dans la forêt. L'image de Papinox lui revint alors à l'esprit. "Oh non! Jessie n'a tout de même pas..."
"Et bien si, cher enfant." lui répondit sa mère. "C'est ton "amie" qui nous a gentiment conduit à toi."
"Il était bien de sa part de faire au moins une bonne action dans sa vie." ajouta son père.
James ne pouvait pas croire ce qui lui arrivait. Il resta un moment sans voix.
"Jezabelle a été si ravie d'apprendre que tu étais de retour parmi nous qu'elle nous a annoncé qu'elle écourtait son voyage dans les paradisiaques Îles Oranges pour venir te rendre visite. Nous en profiterons pour l'héberger à nouveau et pour organiser vos épousailles."
"NON!!!!" hurla James "C'EST ABSOLUMENT HORS DE QUESTION!!! JE REFUSE DE ME MARIER!!!"
"Oh mais tu n'as pas le choix!" répondit sa mère vexée et elle ajouta: "Cesse de nous répondre sur ce ton! C'est d'un vulgaire..."
James regarda un moment sa mère dans les yeux mais finalement, il finit par baisser son regard d'un air honteux. Il redoutait de craquer et de montrer sa faiblesse à ses parents. Il redoutait de ne pas pouvoir s'empêcher de leur dire... qu'il les aimait malgré le mal qu'ils lui faisaient subir avec leur désir de perfection.
"Nous avons eu tant de regret à penser au vaurien que tu es devenu, notre fils. Mais aujourd'hui nous avons l'occasion de te sortir de la misère dans laquelle tu t'es fourré. Nous pouvons encore faire de toi le garçon convenable à qui tout réussi; dont nous avons toujours rêvé."
James soupira. Ses parents voulaient son bien mais étaient si aveuglés par le désir qu'il perpétue la tradition familiale qu'ils agissaient aussi égoïstement que Jessie. Jessie... Jamais il n'aurait pensé qu'elle serait allée aussi loin. Ce n'était pas la première fois qu'elle le forçait à faire quelque chose qu'il redoutait pour son bien être personnel mais là, elle avait été vraiment trop loin. Elle savait comment agissaient les parents de James et Jezabelle vis-à-vis de lui. Alors pourquoi l'avoir à nouveau jeté dans la fosse aux lions?
"Cesse de rêvasser, fils et cours te rendre présentable pour ta fiancée." dit son père, interrompant ses pensées.
"Un costume t'attend dans la salle de bain" ajouta sa mère "Profite en pour faire un brin de toilette. Tu es si négligé."

James ressentait une forte envie de fuir. Il se tourna vers la porte mais voyant qu'Hopkins la bloquait, il décida de capituler et d'être coopératif. Il redoutait que s'il n'adoptait pas une attitude docile, tous ses faits et gestes soient mis sous surveillance comme s'en avait été le cas pendant son enfance avec ses vingt-trois professeurs et tuteurs sans cesse sur son dos. Il se leva et avec un soupir se dirigea sans un mot jusqu'à la salle de bain. Un frisson glacial glissa le long de son dos lorsqu'il entra dans cette pièce. Rien n'avait changé depuis son enfance. Tout était identique à ses souvenirs. Il ouvrit les robinets de la baignoire et à l'audition des clapotis de l'eau, un souvenir malsain lui revint: celui de madame Martinet, son professeur de maintien qui lui apprenait comment faire sa toilette correctement. Cette maudite dame représentait la sévérité à l'état pur. Avec ses cheveux verts noués proprement en chignon, son tailleur toujours impeccablement repassé et ses lunettes rectangulaires on devinait rien qu'à la voir, la personne austère qu'elle était. Il pouvait encore entendre sa petite voix hautaine lui rabâcher: "James on ne joue pas dans le bain. Ne m'éclaboussez pas sinon gare à vous. Lavez vous bien derrière les oreille surtout et le cou. N'oubliez rien. Une bonne hygiène est la clé d'une bonne santé avec une alimentation équilibrée." Il secoua sa tête pour éloigner ces pensées et fouilla les poches de son pantalon pour découvrir avec effroi qu'elles étaient vides. Jessie lui avait sûrement prit ses pokéballs dans son sommeil. Ça ne pouvait sans doute pas être Hopkins ou ses parents car ces derniers trouvaient que le fait de fouiller les poches d'autrui représentait un signe de manque de savoir vivre. James se fit une raison. Il était sans doute préférable que ses pokémon soient entre les mains de Jessie que celles de ses parents. Bien qu'elle était souvent agressive, il savait qu'elle ne ferait jamais de mal à un pokémon. Et au plus profond de son âme, même s'il lui en voulait de l'avoir abandonné aux griffes de ses parents; il ressentait désormais une lueur d'espoir lui disant que Jessie avait sans doute agit de la sorte pour une raison précise, qu'elle avait parfaitement conscience de ce qu'elle faisait et qu'elle finirait par venir le rechercher avant que les choses tournent vraiment mal pour lui.
"Jessie et Miaouss ne m'ont pas abandonné." murmura-t-il "Jamais ils n'agiraient de la sorte. C'est sans doute encore une illusion. Leurs plans sont parfois si compliqués à comprendre."

C'est tout de même la gorge nouée qu'il entra dans son bain pour essayer de se détendre. Malheureusement, ça lui fut impossible. Le souvenir de Madame Martinet lui frottant le dos avec une éponge si rêche qu'il avait le sentiment qu'elle lui arrachait la peau; resurgit dans son esprit; le torturant. Il appuya ses mains sur ses tempes et serra ses paupières de toutes ses forces, essayant d'effacer ces images de ses yeux. Cette méchante femme le harcelait jusque dans ses pensées. Elle faisait partie des personnes qui avaient gâchées son enfance. Il la détestait presque autant que Jezabelle. Tout comme elle, elle l'ennuyait, l'embarrassait et gâchait le meilleur moment de ses journées: les repas. Il était fort heureux de penser que ses parents avaient sans aucun doute dû se séparer d'elle car ils n'avaient plus eu besoin de ses services après son départ de la maison. Il souhaitait seulement qu'elle n'avait pas été engagée pour surveiller d'autres enfants par après et qu'elle ne leur avait pas fait subir le même harcèlement moral que celui qu'il avait reçu. Comme il n'arrivait pas à se détendre malgré le confort de l'immense baignoire il se dépêcha d'en sortir sans vraiment prendre la peine de se laver puis après s'être rapidement essuyé, il enfila à contre-coeur le costume aussi rigide que l'ensemble de la propriété et des personnes qui hantaient les lieux. 

Il sentit son estomac gronder quand il s'aventura dans le hall et se dit que l'heure du dîner devait être proche. Il descendit les escaliers coulissant à pas de loup et se glissa jusqu'à la buanderie, espérant pouvoir sortir par la fenêtre, comme il l'avait fait dans son enfance pour aller voir la fête foraine en douce, mais la porte était verrouillée. Il sursauta en sentant une main se poser sur son épaule. Lorsqu'il se retourna, il se trouva face à Hopkins. 
"Que cherchez vous à faire Maître James?" Lui demanda ce dernier.
"Rien... rien..." répondit-il, embarrassé. "Juste... Non rien."


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De leur côté, Jessie et Miaouss restaient assis sans rien faire dans leur petit camp perdu dans les bois. Leur plan n'avait pas été vraiment bien ficelé et maintenant ils ne savaient plus exactement comment agir.
"C'est vide sans James." soupira Miaouss.
"Oui." se contenta de répondre Jessie. Elle gardait ses yeux fixés sur son portable qu'elle tenait entre ses mains. Elle n'espérait plus qu'on lui annonce que l'argent de la récompense avait été versé sur son compte mais au lieu de cela, elle souhaitait plutôt qu'un soudain retournement de situation survienne et que les Morgan lui téléphone pour lui dire qu'ils n'avaient plus besoin de James et qu'elle pouvait venir rechercher son ami. 
"Je.... je n'y comprend plus rien. Je suis complètement folle. Je ne sais pas ce que je veux." marmonna-t-elle à mi-voix.
"Tu t'en veux, hein?" demanda Miaouss.
"Oui." Jessie leva ses yeux vers le ciel et regarda la lune un instant puis tourna de nouveau son attention sur son portable.
"Je les appelle."  Elle composa le numéro des Morgan puis commença d'une voix pas trop sûre d'elle. "Allo? Heu oui. C'est moi qui vous ai appelé pour James. Heu.... non je ne vous appelle pas pour la récompense. Elle changea tout à coup de ton lorsqu'elle s'exclama: "10 000 poké dollars?! Versés sur mon compte demain matin?!!!" Son visage s'éclaira et elle oublia presque complètement les soucis et regrets qu'elle avait éprouvés pour son ami. "Ho?!!! Merci!!! Merci vraiment!!!" Tout à coup, le réalisme la frappa. Elle prit alors une mine ennuyée et murmura: "J'aimerai savoir... James, comment va-t-il?" Elle sourit tristement en terminant "Ok. Tout va bien alors. Au revoir alors." Miaouss la regarda déposer le téléphone à ses pieds avec un mauvais regard.
"Tu n'es qu'une dégonflée." siffla-t-il.
"C'est vrai." admit Jessie "Je m'en excuse. Mais... c'était plus fort que moi. Je ne peux vraiment pas résister à l'appel de l'argent." Elle se releva, serrant ses poings et trépigna de colère "Grrrr!!! Mais pourquoi donc dois-je toujours être aussi avide?!!! Voyons Jessie, ressaisis toi!!!" Elle baissa sa tête, laissant retomber ses épaules honteusement. 
"Je ne réussirais jamais à te comprendre, Jess." soupira Miaouss en lui tournant le dos "Et tu sais quoi. Tu me déçois." Sur ces mots, il s'éloigna.
Jessie garda son regard fixé sur le sol avec amertume. "Je sais. Et je ne sais vraiment quoi faire. Je suis entrain de complètement perdre l'esprit"



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James avait suivit Hopkins jusqu'à la salle à manger où ses parents l'attendaient, assis chacun à des côtés opposés de la table. Il partit s'asseoir tout au bout, au milieu, à la place qui lui était réservée et attendit que ses parents entament leurs assiettes pour prendre une fourchette de nourriture qui lui resta en travers de la gorge. Lui qui aurait été habituellement le premier à se jeter sur de la nourriture aussi appétissante, se sentait si mal à l'aise, qu'il ne parvenait pas à avaler un seul morceau de dinde. Le souvenir de Madame Martinet lui faisant de multiples remontrances du genre: "James retirez vos mains de la table, prenez votre couteau dans votre main droite et votre fourchette dans votre main gauche, n'oubliez pas de déposer une serviette sur vos genoux, ne mettez pas votre coude sur la table, ne mâchez pas si bruyamment, ne parlez pas la bouche pleine..." le harcelait encore. Son estomac était si noué par le stress qu'il en avait presque envie de vomir. 
"Que se passe-t-il James?" demanda sa mère, remarquant qu'il ne mangeait pas "Tu n'as pas encore touché à ton assiette. Tu ne te sens pas bien?"
Il secoua sa tête.
"Si tu es barbouillé une cuillère d'huile de foie de morue te feras le plus grand bien." répliqua son père.
Aussitôt, James sursauta "Ah ça non!" s'exclama-t-il en appuyant ses mains sur la table, prêt à se relever.
"Allons, allons, quelles manières." rouspéta Hopkins en appuyant sur ses épaules pour le forcer à rester assit. Il couru à la vitesse de l'éclair jusque dans la cuisine puis réapparu avec une grosse cuillère remplie à rebord d'huile tant redoutée. "Allez Maître James, ouvrez la bouche." ordonna-t-il en s'approchant. Ce dernier allait repousser la cuillère lorsqu'il aperçu sa fiancée apparaître juste derrière le majordome.
"J... Jezabelle!" glapit James. Il resta bouche bée face à cette apparition et Hopkins en profita pour lui enfoncer la cuillère dans la gorge. Il étrangla et s'étouffa presque.
"Kof! Kof! Vous êtes aussi infects que ce breuvage!!!" Toussa-t-il en s'adressant à ses parents.
"Voyons fils, reste poli!" gronda son père.
Jezabelle s'approcha de James, les mains jointes et les yeux en forme de coeurs. 
"James cher, je me suis tant languie de toi."
Il se leva et recula. "S'il te plaît, ne m'approche pas."
"Voyons chéri." clama-t-elle "Je ne vais pas te faire de mal."
"Laisse moi tranquille!!!" cria James. Il gardait son regard fixé sur la jeune femme, attendant une réaction imprévisible de sa part.
Il recula d'avantage jusqu'à ce que son dos touche une porte mais quand il allongea son bras en direction de la poignée, il sentit quelqu'un saisir son poignet.
"Ah!"
Hopkins lui tordit le bras et le plaqua contre lui. Il était pris au piège.
"Saluez votre fiancée comme il se doit. Maître James."
Ce dernier secoua sa tête. Jezabelle s'approcha avec un sourire sadique et tendit ses lèvres vers les siennes. James voulu tourner la tête mais son père plaqua ses mains contre ses joues et c'est contraint qu'il reçu le baiser. Il s'agita aussi frénétiquement que possible pour se libérer de l'emprise de ses assaillant mais ses efforts restèrent vains. Il ne pouvait décidément rien faire.
"Lâchez-le, Hopkins!" Ordonna Jezabelle tout à coup, au grand soulagement du jeune homme effrayé. Il ne comprenait pas pourquoi elle venait d'agir de la sorte et la regarda avec de grands yeux éberlués.
"Laissez lui un peu de liberté. C'est ce qu'il attend."
James ne pouvait pas croire ce qu'il venait d'entendre. Jamais Jezabelle n'avait dénié lui offrir un soupçon de liberté auparavant. Que se passait-il? Ce n'était pas du tout une réaction ordinaire de sa part.
Il tomba à genoux, haletant.
"Oh mon chéri, j'adore que tu te traînes à mes pieds." ronronna Jezabelle tendrement en s'accroupissant devant lui. Elle prit son visage entre ses mains, l'obligeant à la regarder et lui sourit.
"Tu vas voir mon chéri. Je vais prendre grand soin de toi."


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"Tu m'énerves, Jessie!" cria Miaouss en avançant dans la forêt aux côtés de son amie "Tu fais toujours passer tes désirs et tes envies avant le bien être de tes amis. Comment peux tu abandonner James à son pire cauchemar simplement pour du pognon?!"
"Je te rappelle que c'est toi qui m'a montré la petite annonce en premier lieu. Donc, tu es aussi impliqué dans cette affaire que moi!" 
Jessie et Miaouss se disputaient depuis plus d'une demi-heure et ne parvenaient pas à s'entendre sur un plan pour récupérer leur ami.
"Est-ce que tu as une idée pour récupérer James? Monsieur Je Sais Tout?"
"Non et pourquoi serais-ce moi qui devrais en avoir hein?! Tu as un cerveau aussi je te rappelle!"
"Qu'est-ce qu'on fait alors?" demanda Jessie en s'arrêtant de marcher et en croisant ses bras.
"On va là bas et on réfléchira sur place." répondit Miaouss "Je n'ai pas de meilleure idée pour le moment."


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"Tu n'as pas l'air ravi de me revoir." Dit Jezabelle, gardant son sourire figé au coin de ses lèvres en prenant le bras de James pour l'inviter à se relever. Il ne répondit pas mais n'essaya étrangement pas de fuir quand elle lui prit les mains. Il regarda le visage de sa fiancée fixement, comme fasciné. Il ne pouvait toujours pas croire ce combien elle ressemblait à Jessie. Cette ressemblance lui paraissait être encore plus frappante que la dernière fois où il l'avait vue.
"Tu peux partager l'ancienne chambre de notre fils avec lui, chère Jezabelle." Proclama la mère de James.
Il sursauta et poussa un cri d'horreur: "Quoi?!!! C'est de la folie, nous ne pouvons pas dormir ensemble!!!"
"Bien sûr que si. C'est tout naturel, je vous rappelle que vous êtes fiancés."
"Mais je vous rappelle aussi que je n'ai jamais voulu de ces fiançailles!!!"
"James, s'il te plaît, emploies un autre ton!!!"
Jezabelle s'interposa entre James et sa mère pour mettre fin à la querelle.
"Calme toi, tendre James. Tu sais, il y a quelqu'un ici; qui meurs d'impatience de te revoir."
"Tu parles de Caninou?" demanda le jeune homme, les yeux larges.
"Exactement. "Si tu te montres plaisant je te laisserais tout le loisir de le voir."
"C'est vrai? Je peux le voir maintenant?"
"Et bien..." Jezabelle posa un doigt sur ses lèvres pensivement "Tu t'opposes toujours à ce que je partage ta chambre?"
James décida de consentir. "Non."
"Alors marché conclus."
Les parents de James furent comblés d'apprendre que leur fils ne s'opposait plus à partager sa chambre avec sa fiancée.
"Quelle joie!" s'exclama son père en liesse "Vous formez un si beau couple. Nous célébrerons vos épousailles après demain."
"Courrons prévenir le prêtre et les invités!" s'écria la mère de James aux anges. "Nous établirons tous les préparatifs dès le petit matin."

La tête basse, James accompagna Jezabelle sans dire un mot jusqu'à la niche géante de son caninos tant aimé. Dès qu'il y entra et qu'il cria son nom, le coeur de Caninou se mit à battre à toute allure. Ce pokémon avait tout pour être heureux: la meilleure nourriture, une villa en guise de niche, le plus grand confort qui soit, les meilleurs soins mais il souffrait d'un vide immense: l'absence de son maître lui pesait lourdement. Il ne pouvait pas être comblé sans sa présence à ses côtés. Et maintenant qu'il le voyait, il se sentait complètement heureux. Il avait tant pensé à lui. Il se jeta sur lui; le faisant tomber au sol et lui lécha frénétiquement le visage. James l'embrassa puis s'assit tout en se frottant les joues en riant; sous le soupir exaspéré de Jezabelle qui marmonnait: "Complètement immature."
"Tu m'as beaucoup manqué." révéla James à son pokémon en le caressant.
Jezabelle restait à l'écart sur le pas de la porte. Elle se méfiait de Caninou car elle n'entretenait pas un bon rapport avec lui.
"Pour te prouver combien je tiens à être gentille avec toi." dit-elle "Je te laisse libre de passer le reste de la soirée avec lui. Pendant ce temps je me ferais une beauté pour toi. Tu sais, j'ai beaucoup changé et je tiens à ce que tu t'en aperçoives."
(Que Jezabelle ait changé, cela m'étonnerait vraiment) pensa James en lui même (C'est sûrement encore une ruse).

Quand Jezabelle fut hors de vue, James sortit dans le parc avec son chien. "Vraiment rien n'a changé ici. Tout est toujours aussi rigide et austère que dans mes souvenirs d'enfance. Je préfère mille fois la propriété de Pépé et Mémé."
En passant sur le petit pont en bois surplombant l'étang aux magicarpes, James jeta un regard aux poissons qui lui avaient causé tant d'ennuis à cause du marchand qui l'avait escroqué plusieurs fois au cours de son voyage aux côtés de Jessie et Miaouss. Il erra jusqu'à un banc situé dans un coin reculé du parc et s'y assit puis il observa le regard mélancolique que son compagnon lui donnait. "Tu sais Caninou, je regrette vraiment de ne pas t'avoir prit avec moi mais ma vie dans la Team Rocket n'est pas adaptée à ta condition. Ma situation est déplorable. Je ne mange pas tous les jours à ma faim, je suis pauvre mais ça me convient parce que je suis libre. Je passe la plupart de mon temps à camper dans les bois et tu sais que papa et maman ont besoin d'un bon chien de garde comme toi pour veiller sur eux. Tu es si vif et si intelligent que tu leur as évité plus d'une fois des cambriolages et tu ne t'entendrais pas avec Miaouss. Un jour sûrement, nous aurons l'occasion d'être à nouveau réunis tous les deux."

James observa attentivement la fontaine éclairée par la lune et soupira en pensant que Jessie et Miaouss étaient sûrement entrain de dormir. Comme la soirée l'avait pas mal fatigué, il se pencha contre Caninou et s'appuya contre sa fourrure douce et plongea rapidement dans le sommeil.
Il fut réveillé en sursaut par une agaçante voix familière quelques minutes plus tard: "Ce n'est pas ici que tu es sensé dormir, je te rappelle!"
Il entrouvrit ses yeux ensommeillés bercé par le grognement de mise en garde de Caninou qui regardait Jezabelle d'un air menaçant. Elle était debout devant le banc, vêtue d'un peignoir duveteux au col garni de poils roses dissimulant une nuisette de couleur rose elle aussi, très légère et ses cheveux noués en chignon par dessus sa tête la faisait ressembler à Jessie quand elle se déguisait en femme d'affaires et adoptait ce type de coiffure.
"Brrr il fait frisquet ce soir, bien qu'on soit en plein été. Lève toi vite et rentre, tu risques de tomber malade."
Elle prit James par le bras, faisant redoubler les grognements de Caninou.
"Viens chéri, il est temps de mettre ton pyjama!" ordonna Jezabelle en attirant James en direction du manoir.
Caninou était sur le point de protester quand il entendit crier le père de James, debout sur le pas de la porte: "Allez Caninou, rentre à la niche ou tu n'auras pas de bouchées au caviar pour le petit déjeuner demain matin et tu pourras faire une croix sur ta promenade!"
Le chien jeta un dernier regard inquiet à son jeune maître qui lui fit signe de ne pas s'inquiéter avant de disparaître à l'intérieur de l'immense bâtisse, puis, il regagna sa niche la tête basse.


Jezabelle se hâta d'entraîner James à l'intérieur sous les regards satisfaits de ses parents et le traîna jusqu'à la chambre. Là, elle le poussa contre le lit puis sortit un pyjama d'un tiroir. James ne perdit pas de temps à comprendre où la jeune femme voulait en venir. Il la connaissait trop bien. Il bondit d'un coup sur ses pieds et couru jusqu'à la porte mais juste avant qu'il atteigne la poignée, Jezabelle fit un pas en arrière, tourna la clé dans la serrure pour la verrouiller puis glissa la clé dans son décolleté. "Si tu la veux, il va falloir venir la chercher." dit-elle sournoisement. James la bouscula et s'acharna sur la poignée, espérant faire sortir la porte de ses gonds.
"Tu te fatigues pour rien, cette porte est blindée." bâilla Jezabelle en allant s'asseoir sur le lit. Elle tapota la place libre à côté d'elle. "Arrête ces pitreries éreintantes et vient mettre ton pyjama. On a pas toute la nuit."
Le jeune homme s'acharna d'avantage sur la porte, criant frénétiquement: "TU VAS T'OUVRIR?!!!"
Finalement, Jezabelle perdit patience et se releva.
"Puisque tu ne me laisse pas le choix et que tu ne veux pas te montrer raisonnable..." Elle jeta une pokéball sur le sol "Rafflesia! Utilise ton pollen neutralisant!!!"
 Un nuage de fumée se dégagea du petit pokémon plante, frappant James de plein fouet et il tomba par terre, paralysé. Jezabelle s'accroupit alors auprès de lui tout en lui susurrant: "Voilà ce qui arrive quand on essaye de me tenir tête." Elle le prit sous les épaules et le traîna jusqu'au lit puis commença à déboutonner la veste de son costume. "Voilà, vilain garçon, je suis obligée de te mettre ton pyjama moi même." James regarda sa fiancée penchée sur lui avec crainte. Son coeur se mit à battre si fort dans sa poitrine, qu'il cru qu'elle allait éclater. La paraspore faisait bien son effet. Il lui était impossible de remuer mit à part le bout de ses doigts. Il sentit son visage se réchauffer violemment et son souffle s'accélérer lorsque Jezabelle abaissa son pantalon.
"Quel manque de goût! Ce slip est affreux!" Elle le regarda droit dans les yeux pour le mettre mal à l'aise et lui sourit d'un air taquin. Il détourna son regard quand elle abaissa son sous-vêtement. "Qu'est-ce qu'il y a? Tu n'oses plus affronter mon regard?! Ah ah, comme c'est mignon!" Le souvenir humiliant d'un jour où ses parents l'avaient épinglé dans le canapé du salon pour lui mettre un suppositoire alors que Jezabelle assistait à la scène réapparu à cet instant et des larmes de honte et de colère piquèrent ses yeux mais il lutta pour les retenir et ne pas montrer son état de faiblesse.
"Pourquoi rougis tu? Il ne doit pas y avoir de pudeur au sein d'un couple." dit Jezabelle en l'habillant. James renifla et étrangla. Il avait des bouffées de chaleur et son corps était assaillit de picotements comme s'il était recouvert de fourmis.
"Voilà qui est fait. Tu vois mon chéri, c'est beaucoup mieux lorsque tu te montres obéissant." déclara Jezabelle. "Tu m'as l'air bizarre..." Elle se pencha sur lui puis posa sa main sur son front. "Ciel! Tu brûles! Ooooh Rafflesia y a peut être été un peu trop fort avec sa poudre paralysante. Zut, alors! Mais ne t'inquiète pas, je vais chercher de l'aide."

Jezabelle se hâta de déverrouiller la porte puis couru dans le couloir jusqu'à la chambre des Morgan et frappa de toute ses forces contre la porte en chêne. "Père, Mère! Excusez moi de vous importuner à cette heure mais il me semble que James est malade!" Sans tarder, le couple se précipita hors de la chambre et ils accoururent au chevet de leur fils souffrant, ne doutant pas un instant de Rafflesia.
"En effet, il est bouillant." dit la mère de James en posant sa main sur son front."
"Ce n'est pas étonnant." répondit son père "Il a dû être en contact avec les pires maladies depuis qu'il a quitté la maison. Qui sait où il a pu traîner avec cette fille et ce qu'ils ont pu faire?"
James regarda son père avec un mauvais regard tout en pensant que ce dernier avait vraiment une mauvaise estime de lui.
"Le coupable, c'est Rafflesia." parvint-il à marmonner "Vous devez le savoir pourtant."
Jezabelle appuya ses mains sur ses lèvres.
"Pauvre chéri. Il divague"
Ses parents soupirèrent. Sa mère s'éloigna puis revint avec un tissu humide qu'elle déposa sur son front, le faisant frissonner. "Notre pauvre petite garçon. Ne t'inquiète pas, nous allons prévenir le médecin. D'accord?"
James soupira lourdement désespéré par la naïveté de ses parents.


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Au dehors de la propriété, Jessie et Miaouss déguisés en ouvriers des lignes téléphoniques, attendaient devant le portail. Ils venaient de couper la ligne du manoir espérant que le couple fortuné se ferait un plaisir de leur demander d'entrer pour leur donner leurs services. Ils allaient appuyer sur l'interphone quand la grille s'ouvrit tout à coup. Ils se firent presque écraser par la limousine. 
Hopkins freina, choqué.
"Désolé, Messieurs. Vous allez bien?!"
"Ça pourrait aller mieux!" répondit Jessie d'une voix grave, la déformant.
"Désolé encore." cria le majordome par la vitre, la main posée sur sa poitrine. "Le fils de mes Maîtres est souffrant et le téléphone est en dérangement donc je cours chercher un médecin."
"Hé! Attendez, nous on peut le prévenir, on a un portable!" cria Miaouss, frappé par une idée soudaine..
Le visage d'Hopkins s'éclaira. "Voici le numéro du docteur" cria-t-il en jetant un papier par la fenêtre "Dites lui de venir de toute urgence car le jeune maître est très fiévreux." Il fit alors marche arrière, ravi de ne plus devoir se déplacer.
Miaouss ramassa le papier et bondit sur Jessie pour prendre le téléphone dans sa poche.
"Je peux savoir ce que tu mijotes?" demanda la jeune femme intriguée.
"Chut, j'ai un plan."
En réalité, au lieu de téléphoner au médecin, Miaouss appela Mondo. Il lui expliqua la situation, leur emplacement et lui demanda d'apporter une ambulance.


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James luttait pour s'asseoir mais n'y parvenait pas. Il ne supportait plus l'engourdissement de ses membres et cette fièvre qui l'affaiblissait d'avantage. Il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir et vit Jezabelle s'avancer vers lui.
"J'ai une bonne nouvelle pour toi. Le docteur vient d'arriver."
"Et alors? Qu'est-ce que tu veux que ça change? Tu sais parfaitement ce que j'ai et que le seul remède est une décoction d'algues salsifiques." James serra ses dents et grogna "Je serais bien content qu'un jour rafflesia se retourne contre toi et te rende malade."
"Si tu continues à me parler de la sorte c'est avec mon fouet que tu renoueras aussitôt que tu seras guéri! A moins que tu préfères que ta fièvre se prolonge. Si s'en est le cas, dis le tout de suite, Rafflesia se fera une joie de te donner une nouvelle dose de poudre."
James ne répondit pas. Jezabelle sursauta lorsqu'elle entendit des pas dans le couloir. "Ah! Voilà le docteur! cria-t-elle en se tournant vers la porte. Elle observa curieusement un drôle de petit bonhomme affublé de lunettes rondes aux verres déformant et d'une grosse barbe grise; tout habillé de blanc, tenant une grosse mallette noire; pénétrer dans la chambre. Elle se retint de pouffer de rire.
"Ho? Bonjour? Vous êtes le docteur je présume?"
"Oui. Docteur Souaim pour vous servir." Répondit le petit bonhomme.
(Ce drôle d'hurluberlu ne devinera jamais ce qui est arrivé à James.) pensa Jezabelle avec un sourire sournois au coin des lèvres (Je me demande où Hopkins a pu le dénicher).
Elle croisa ses bras et fit un pas de côté pour laisser le médecin ausculter son fiancé. Le drôle de petit homme s'approcha du lit puis se tourna vers Jezabelle et demanda: "Pourriez vous nous laisser seuls un instant, Mademoiselle?"
"Bien sûr." répondit la jeune femme en quittant la pièce.
Le docteur Souaim poussa un tabouret près du lit puis y grimpa pour être à la hauteur de son "patient".
"Elle a ordonné à son rafflesia de m'envoyer de la paraspore, docteur." chuchota James d'une petite voix.
"Chut, je le sais idiot! C'est moi, Miaouss!"
"Miaouss?! Mais qu'est-ce que tu fais ici?! Je croyais..."
"Chuuuut! Tu crois mal!" Souffla le chat en appuyant ses pattes sur les lèvres de son ami humain. "Tu veux me faire repérer ou quoi?!" Il regarda les alentours puis murmura: "Jessie et moi on va te sortir d'ici. Tu joues le jeu, ok?"
"Ok. De toute façon je pense que je n'ai pas trop le choix."

Le chat pokémon bondit par terre puis sortit dans le couloir où l'attendait Jezabelle et les parents de James.
"C'est déjà fini?" demanda le père de James.
"Ce n'est pas trop grave?" demanda sa mère.
Miaouss prit un air préoccupé. "Vous avez beaucoup de pokémon plantes?"
"Plusieurs variétés. Pourquoi?"
"Il a inhalé beaucoup trop de paraspore ces dernières heures. Beaucoup plus que ce que son organisme peut supporter. Il doit absolument aller à l'hôpital, sinon il risque d'y rester. J'ai appelé les secours. Ils devraient arriver d'un instant à l'autre."
Jezabelle souleva ses mains sur sa bouche sous le choc de cette nouvelle (Jamais je n'aurais pensé y avoir été aussi fort. Je ne pensais pas Rafflesia si puissant.) pensa-t-elle, horrifiée. Miaouss appuya sur le bouton du bipeur dans la poche de son veston pour envoyer un signal à Mondo. A peine dix minutes plus tard, la sirène d'une ambulance retentit dans la propriété et le véhicule se gara juste devant le manoir. Jessie et Mondo déguisés en ambulanciers accoururent jusqu'à la chambre, drapèrent leurs bras sous les épaules de James pour le soutenir et le conduisirent à toute vitesse à l'intérieur de l'ambulance.
"C'est plus rapide comme ça." dit Miaouss pour étouffer les soupçons provoqués par leur attitude pas du tout professionnelle.
"Puis je vous accompagner?" demanda Jezabelle.
"Ho ça non!" s'écria Jessie. "Seul le docteur peut venir. Il n'y a pas place pour tout le monde. Vous nous rejoindrez à l'hôpital. On vous préviendra!"
Et sur ces mots, les portes du véhicule se refermèrent et il démarra en trombe; s'éloignant dans un nuage de fumée.
Jezabelle, Hopkins et les parents de James observèrent le nuage de fumée que l'ambulance avait laissé derrière elle puis s'échangèrent des regards médusés.
"Ces médecins m'ont fait une drôle d'impression." dit finalement la mère de James.
"Moi aussi." Répondit son père.
"Je pense... qu'on a été dupés..." grogna Jezabelle.


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Pendant que Jessie soutenait James, un bras enveloppé autour de ses épaules, Miaouss lui concoctait une potion d'algues salsifiques. "Mondo trouve vraiment tout et n'importe quoi." dit-il en écrasant les plantes dans un petit bol en terre cuite.
"Tu vois James, on a tout prévu." murmura Jessie.
Il ne répondit pas et se contenta de garder son regard fixé sur le sol.
"Tiens boit, Jim" dis Miaouss en lui présentant le bol de potion "Tu te sentiras mieux."
Jessie posa ses mains sur les mains tremblantes de son ami pour l'aider à soulever le bol à ses lèvres et il en bu lentement le contenu. L'effet fut presque instantané. Lorqu'il sentit que sa fièvre s'était évaporée et que ses muscles s'étaient détendus, James se releva et partit s'asseoir dans un coin opposé à Jessie.
"Tu me fais la tête? Si c'est à cause de la fatigue, sache que moi aussi, je tombe de sommeil."
"Ça n'a rien à voir." répondit James, le ton aigre. Il mordit un instant sa lèvre puis demanda: "Pourquoi m'as tu trahi?"
"Je ne t'ai pas trahi voyons!"
"Ah non?! Et m'obliger à retourner de force à cet effroyable endroit pour toucher une récompense c'est quoi selon toi?!"
"C'... c'est.... parce qu'on.... avait besoin de cet argent!" balbutia Jessie. Elle soupira puis rétorqua: "Mais on a pas eu cet argent! C'est vrai, c'était le but mais tes parents ne nous ont pas encore payé et de toute façon on s'en est tout de suite voulus Miaouss et moi." Le chat pokémon lui donna un mauvais regard. "Bon d'accord..." dit-elle ennuyée "Je suis surtout la responsable de ce qui est arrivé. Je suis trop égoïste parfois. Est-ce que tu me pardonnes?"
James souleva sa tête et lui donna un regard brisé. "Tu ne sais pas ce que Jezabelle aurait pu me faire. Elle m'a encore paralysé avec son Rafflesia et..." il s'interrompit puis continua d'une voix cassée: "... elle m'a mit ce pyjama elle même, je n'ai rien en dessous!!!" Il serra ses poings et fronça ses sourcils, repoussant sa colère et les nouvelles larmes qui menaçaient de quitter ses yeux. Il frotta rapidement son visage du dos de son bras puis agrippa ses genoux nerveusement avec ses doigts, fermant ses yeux tout en mordant ses lèvres dans une tentative de retrouver son calme.
Jessie se leva et s'assit à côté de lui. Elle déposa sa main sur la sienne. "Il te va bien ce pyjama." dit-elle d'un ton calme dans une tentative de consoler son ami. Il secoua sa tête.
Il me dégoûte comme tout dans ce manoir, mis à part Caninou bien sûr. Oh non!" Glapit-il tout à coup. "Je ne lui ai même pas dit aurevoir."
"Il comprendra." dit Miaouss.
"Sûrement." soupira James avec mélancolie.
"Le trajet risque d'être assez long les amis. Je vous suggère donc de vous reposer un peu." dit Mondo de l'avant du véhicule. "Ça serait bien si avant tout... vous vous réconciliez."
"Bon ça va." dit James "Je ne suis pas rancunier mais..." il se tourna vers Jessie et Miaouss en souriant timidement "Vous me promettez de ne plus me tirer dans le dos à l'avenir, tous les deux?"
"C'est promis."
Jessie sourit puis sortit deux pokéballs de sa poche et les remit à son ami. "J'ai préféré les garder pour ne pas risquer qu'on te les prenne."
James regarda ses pokéballs en souriant, les larmes aux yeux puis il les glissa dans sa poche, ne désirant pas réveiller ses pokémon.
"Sans toi notre équipe aurait été incomplète." plaisanta Miaouss "Qui aurait complété la devise?"
"J'espère que tu n'as pas pensé qu'on t'abandonnerait." ajouta Jessie.
James ne répondit pas mais tous trois se rassemblèrent sur la même banquette, se rapprochèrent puis partagèrent une étreinte et s'endormirent couchés l'un contre l'autre.

Ne percevant plus de bruit à l'arrière du véhicule, Mondo jeta un coup d'oeil dans le rétroviseur situé au dessus du tableau de bord et à la vue du trio enlacé, il ne pût s'empêcher de sourire avec adoration.



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De son côté, Jezabelle quant à elle, debout sur le balcon, les poings sur les hanches, les cheveux au vent et le bas du peignoir légèrement fouetté par la brise; proclama: "Tu as encore réussi à fuir tendre James mais où que tu sois, un jour je te retrouverais et ce jour là enfin..." Elle enterra ses ongles possessivement dans le tissu, hurlant à qui pouvait l'entendre: "On se mariera!"

FIN
!!! 

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