Drabbles sur Jessie & Giovanni

1. Gêne :


La petite Jessie, âgé de six ans, pleurait sous les regards impassibles de Madame Boss et de son fils. Debout, les bras croisés, sans détacher ses yeux de la fillette, la maîtresse de maison appela Giovanni, qui tourna naturellement la tête vers cette dernière.

«  Console-la. 

- P-Pourquoi moi ? Rechigna-t-il, une goutte de sueur sur la joue.

- C’est ton Pokémon qui l’a griffé. C’est donc ta responsabilité en tant que dresseur de réparer les bêtises qu’il a fait. Expliqua-t-elle avec calme. »

Sa génitrice avait peut-être raison, mais il n’était pas doué pour rassurer les autres ; son regard aussi perçant que son Miaouss ou son air menaçant n’aidait pas vraiment. Et puis, sa mère avait l’instinct maternel, elle pourrait mieux s’en sortir que lui…

Dans un soupir et en se grattant l’arrière de la tête, le jeune membre de la Team Rocket s’accroupit, genoux à terre, près de la petite fille aux couettes rouges qui essuyait ses larmes tant bien que mal.

«  Ne pleure pas.

- Mais ça… Ça fait mal… ! Et-… ! Et ça pique… ! Gémit Jessie.

- Alors viens, on va nettoyer ta coupure.

- Non ! Refusa-t-elle en tapant des pieds et en se tournant de côté. Ça va être encore pire… ! »

Il soupira silencieusement devant ses tentatives avortées, et porta sa main au béret qui se trouvait sur sa tête pour le poser sur celle de Jessie. Évidemment, le chapeau lui tombait sur le visage et la petite fille le releva automatiquement pour croiser timidement le regard de son futur Boss.

« Je te prête mon chapeau pour la journée, alors arrête de pleurer.

- O-Ok ! Acquiesça Jessie en essuyant ses larmes, tête baissée. »


 

2. Création :


 

«  Monsieur Boss, regarde ! S’exclama la petite Jessie en lui bouchant la vue avec un dessin.

- Quoi ? Râla-t-il en se distançant. Et je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça. 

- Regarde ! Répéta-t-elle en ignorant ses dires. »

Il fronça les sourcils pour avoir une meilleure vision de ce qu’elle lui montrait, et pris la feuille en main. Deux bonhommes souriant et se donnant la main étaient dessinés. A la couleur rouge des cheveux, il reconnut immédiatement Jessie elle-même. Et ce fût sans surprise qu’à côté, une silhouette vêtue de noire et d’un R grossier sur le torse le représentait.

«  C’est censé être moi ? Demanda-t-il tout de même.

- Ben oui ! J’ai fait tes cheveux bruns aussi !

- T’as foiré mon visage. Constata-t-il.

- Où ça ? Voulue-t-elle savoir en se penchant sur la feuille.

- Là. Indiqua-t-il en pointant sa bouche. Je suis un méchant .Et les méchants, ça ne sourit pas.

- Mais tu souris quand t’es avec moi. Contredit la petite fille.

- … Peut-être bien mais mon sourire n’est pas aussi large. Refais-le. »

Jessie refusa immédiatement en reprenant son dessin, les sourcils froncés, avant de courir jusqu’à l'entrée pour tendre joyeusement sa création à Madame Boss qui venait de claquer la porte de la maison.


 

3. Soirée dansante :


 

Assis sur une chaise haute, accoudé au comptoir à côté de lui, verre de champagne en main, Giovanni jeta un coup d'œil à la salle éclairé par quelques néons. Une foule de sbires ayant troqué leur uniforme de la Team Rocket contre un costume noir ou une chemise blanche étaient debout et riaient, buvaient, s'amusaient, dansaient au rythme de la musique qui s'éparpillait dans la pièce.

La raison de ce relâchement était simple : pour fêter la crainte de l'entreprise qui ne cessait de s'accroître dans la région au fil des jours, Madame Boss avait tenue à récompenser les membres de son organisation et leur avait accordé une soirée de détente.

Bien que Giovanni préférait nettement rester au calme dans sa chambre à lire un roman, il avait tout de même fait acte de présence. Après tout, il était le fils de la patronne, celui qui allait inévitablement accéder au trône. S'il ne se rendait pas à ce genre d’événement, son image de futur boss n'allait pas se renforcer.

Miyamoto était assise à côté de lui et lui tournait le dos pour discuter avec un autre membre de la Team Rocket, un verre d'alcool à la main. Cependant, la conversation qu'avait cette dernière fut interrompu par une petite tête rouge vêtue d'une robe jaune.

« Maman, appela Jessie en tirant sur la jupe de cette dernière. J'ai soif... »

Tandis qu'un air de défi passait dans les yeux de Miyamoto qui souriait narquoisement, cette dernière lui tendit naturellement le verre de champagne.

« Tiens, t'en veux ? »

Giovanni pensa sans scrupule que cette femme était inconsciente pour proposer de l'alcool à une mineure, qui plus est sa propre fille, mais heureusement pour Jessie, sa génitrice ramena son bras près d'elle, ria aux éclats dans un « Je plaisante ! » et se tourna vers le barman pour commander un jus de fruit.

Après qu’elle fût servie et eue bu une gorgée de sa boisson, Jessie demanda à sa mère si elle voulait venir danser avec elle. Cependant, Miyamoto lui sourit d'un air désolé et s'excusa aussitôt :

« Désolé ma chérie, maman aimerait rester un peu ici. Pourquoi tu ne demanderais pas à Giovanni ? Regarde, il s'ennuie. »

Et elle ponctua la fin de sa phrase en tournant la tête vers ce dernier, qui se crispa automatiquement. La petite se tourna alors vers Giovanni et réitéra sa proposition de danse.

« Non merci, refusa-t-il.

- Oh... Pourquoi ?

- Je... »

Alors que ses mots restaient coincés dans sa gorge, Miyamoto, qui venait de finir sa coupe d’alcool d’une seule traite, le frappa sans ménagement sur le bras.

«  Allez, t'es encore jeune ! Tu dois t'amuser un peu !

- Vous aussi, vous êtes encore jeune, madame Miyamoto, bougonna-t-il en fronçant légèrement ses sourcils et en lui lançant un regard réprobateur. »

Pendant que cette dernière le remerciait du compliment en riant et hélait le barman pour commander une autre coupe de champagne, un poids sur ses genoux attira l'attention du jeune homme. C'était Jessie qui avait appuyé ses mains et le regardait avec impatience.

« Allez, s'il te plaît !

- Je... En fait, je ne sais pas danser, avoua-t-il, espérant se débarrasser de la petite avec cette piètre excuse.

- C'est pas grave, je vais t'apprendre, moi ! Viens ! »

Et avant qu'il n'ait eu le temps de protester, la petite main de Jessie le tirait et l’entraînait déjà sur la piste de danse.


 

4. Contes de fée :


 

Lorsque Giovanni était petit garçon, il croyait aux super-héros et aux contes qui berçait son enfance. Il rêvait d’avoir des super pouvoirs, de sauver la population et ses habitants contre les méchants, et d’être acclamer par tout le monde.

Mais quelques années plus tard, il se rendit compte que ces rêves n’allaient jamais se réaliser.

Parce qu’il était du mauvais côté du filet. Parce qu’il faisait partie des méchants.

Piéger dans l’engrenage de l’organisation malfaisante de sa mère, il n’eut pas d’autre choix que de plier aux exigences de cette dernière. Petit à petit, il avait réussi à enterrer ses désirs et s’était fait à l’idée que de toute façon, ses rêves n’étaient que des chimères d’enfants.

Lorsque le jeune Giovanni fit la connaissance de Jessie, la fillette gazouillait sur le fait qu’elle aurait un prince charmant qui viendrait la chercher sur son cheval blanc, qu’elle serait une princesse et qu’elle aurait même un magnifique château comme dans ses contes de fées. Alors bien entendu, cela lui avait fendit le cœur, sachant parfaitement que les rêves de la petite fille seraient inévitablement détruits et qu’elle finirait par rejoindre inévitablement les rangs de la Team Rocket.


 

5. Mort :


 

Madame Boss, assise comme à son habitude derrière son bureau en bois massif, était accoudé au bord et avait les mains jointes. Les paupières closes ainsi que les sourcils froncés montrant qu'elle était en pleine réflexion, elle finit par inspirer à fond, ré-ouvrit les yeux et croisa le regard de son fils qui se tenait bien droit à quelques mètres d'elle, dans son uniforme noir de la Team Rocket.

« Giovanni, appella-t-elle, va me chercher Jessie.

- En êtes-vous sûre, Boss ?

- Je préfère qu'elle l'apprenne par moi plutôt que par des bruits de couloirs.

- Certes mais... n'est-ce pas un peu trop tôt ? Se risqua-t-il à demander.

- Cela fait déjà un mois et notre équipe de communication n'a toujours pas arrivé à les joindre. Leurs radios n'émettent même plus le moindre signal. J'en conclus donc que ce n'est plus nécessaire de s'acharner, ni d'envoyer une équipe de secours qui pourrait aussi se faire emporter par une avalanche.

- P-Peut-être mais si jamais madame Miyamoto a survécu et qu'elle doit revenir à pied, il lui faudra bien plus qu'un mois pour quitter l'Amérique et rentrer au-

- Fais ce que je te dis ! Trancha-t-elle en écrasant son poing contre le meuble. »

Le silence retomba lourdement dans la pièce. Le jeune garçon exécuta aussitôt l'ordre de sa génitrice et disparu dans le couloir. Une fois que la grosse porte claqua dans un profond écho, Madame Boss s'autorisa un soupir éreinté en baissant la tête, son front contre ses mains de nouveau jointes au-dessus du bureau…

« Bon sang..., souffla-t-elle. »

Si elle perdait son sang-froid maintenant, elle ne serait pas capable d'annoncer la mauvaise nouvelle à Jessie...

En plus de ça, un dilemme tournait dans son esprit depuis un moment : Devait-elle adopter un ton professionnel quand elle s'adresserait à la petite fille, ou, étant donné qu'elle avait été proche de sa mère, devait-elle se montrer plus clémente et faire preuve de gentillesse dans ses paroles ?

L'idée de se désister de la tâche pour la refourguer à Giovanni lui effleura l'esprit mais elle abandonna rapidement cette possibilité. C'était elle, la patronne de la Team Rocket. C'était elle qui avait envoyé son meilleur agent -son amie- à la mort. C'était donc elle qui devait briser la vie encore innocente de la fillette.

Frustrée d'être incapable de décider d'une décision aussi primaire, la patronne se mordit la lèvre inférieure maquillée de rouge.

Non, elle ne devait pas se laisser déstabiliser par la situation et faire preuve de fierté. Aucun sentiment personnel ne devait entraver son devoir. Madame Boss était à la tête de la plus grande entreprise maléfique que la région n'ait jamais connue. Elle se devait de tenir une image soignée et ne pas faire de débordement. Et puis ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ça, elle avait déjà annoncée d'autres décès dans le froid le plus total. Un de plus ne devait pas la faire craquer. Oui, même si ça lui brisait le cœur, elle ferait comme elle a toujours fait. Pour le bien de la Team Rocket.

Un cliquetis métallique lui fit relever la tête. La porte s'ouvrit et la petite silhouette s'engouffra rapidement à l'intérieur dans un « Maman ! ». Elle portait un ourson en peluche sous le bras, nota la chef.

Mais lorsque Jessie vit que sa mère n'était pas dans la pièce, elle s'arrêta sur-le-champ. Dès qu'elle croisa les deux orbes bleus pleines d'interrogations de Jessie, Madame Boss eue envie de relâcher toute la pression qui lui martelait les épaules et de pleurer toutes les larmes de son corps. Mais elle se retint en crispant sa mâchoire. C’était la patronne de la Team Rocket, se répétait-elle une énième fois : elle devait être forte.

Mains crispés ensemble, Madame Boss baissa cette fois-ci les bras sur le bureau et se redressa afin d'être droite, sérieuse, professionnelle.

Une autre personne entra également dans la salle et elle constata que c'était Giovanni, visiblement mal-à-l'aise au vu de la sueur qui coulait sur sa tempe.

« Veuillez m'excuser Boss, dit-il précipitamment. Dès que je lui ait dit que vous vouliez la voir, elle a mentionné sa mère et a détalé comme un lapin. »

Il rattrapa ensuite Jessie qui s’était avancée au centre de la salle et qui levait timidement les yeux vers le maître des lieux à l'aura imposante.

« Bonjour Madame Boss, salua timidement l'arrivante. »

La chef hocha automatiquement la tête dans un petit sourire en guise de salut.

« Pourquoi ma maman n'est pas là ? demanda directement la fillette. Ah ! Je sais ! Elle est encore partie chercher un café et elle va revenir, c'est ça ? »

Au prix d'un effort incommensurable, Madame Boss desserra sa mâchoire et ouvrit la bouche, le cœur battant jusque dans ses tempes.

« Non, articula-t-elle à voix basse.

- Quoi ?

- Elle ne reviendra pas, Jessie, continua la femme d'une voix rauque et plus ferme. »

L'interrogation se lisait sur le visage de la petite fille et avant que cette dernière n'eue le temps de poser une autre question, la chef de l'entreprise reprit tout de suite la parole :

« Elle est morte. »

Aussitôt eue-t-elle prononcée ces mots, que Madame Boss sentit un pieu s'enfoncer dans son cœur. Cependant, elle restait de marbre en scrutant les yeux bleus de son interlocutrice. L'incompréhension et la peur passait dans les pupilles tremblantes de Jessie, qui avait ramené ses petits bras contre elle et étouffait sa peluche par la même occasion.

« Morte ? Répéta-t-elle d’une toute petite voix. Non... C'est-... C'est pas possible..., balbutia-t-elle en secouant lentement la tête, les larmes aux yeux.

- Une avalanche de neige dans les montagnes l'a emporté elle et son équipe, précisa Madame Boss, la bouche à présent en pilote automatique.

- C'est pas vrai...

- Ils n'ont pas survécus.

- C'est pas vrai !

- Je suis vraiment désolé, Jessie.

- J’te crois pas ! T’es qu’une sale menteuse ! »

Après avoir crié le fond de sa pensée à la chef qui encaissa l'insulte, la petite fille voulue s'enfuir mais son bras fut immédiatement retenue pour Giovanni. La réaction ne fit pas attendre, Jessie essaya se libérer l'emprise du jeune homme mais la poigne de ce dernier était trop forte.

« Lâche-moi ! Toi aussi t'es qu'un menteur ! J'te déteste ! J'vous déteste tous ! »

Alors que la fillette en pleure se laissait submerger par sa colère, Madame Boss en profita pour faire le tour de son bureau, venir se mettre à la hauteur de la petite fille aux couettes rouges et la prendre dans ses bras.

« Laisse-moi partir... ! Tenta aussitôt Jessie en se débattant. Laisse-moi... ! C-C'est ta faute si ma maman est morte... ! C'est ta faute... C'est ta faute...

Yeux fermés, la patronne de l'entreprise maléfique ne put que s'excuser à chaque accusation qui lui vrillait l'estomac et le cœur. Alors que la fille de Miyamoto sanglotait toujours dans le creux de son cou, des brides de phrases se faisait entendre entre deux hoquets.

«  Qu’est-ce que-… Qu’est-ce que je vais devenir ? Et-... Et qui... Qui va s’occuper de moi ? »

Madame Boss réfléchit un instant, ouvrit ses paupières, resserra ses bras autour du corps frêle de Jessie, et puis, d'un regard déterminé, prononça la seule solution qui s'imposait :

« Je vais prendre soin de toi. La Team Rocket va prendre soin de toi. »

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Commentaires (5)

1. Pika 12/11/2016

le boss rêvait d'être un super héros qui sauverait les gens l'ironie xD

2. Carole 12/11/2016

Je déteste Giovanni mais dans ces drabble ça va. Giovanni a donc un attachement pour Jessie et sa maman elle est devenue quoi ?

3. Thuginette 2.0 12/11/2016

Je me sent à la fois charmée et triste maintenant. Ces drabbles sont à la fois mignons et tellement mélancoliques à la fois. Bonne explication de ce qui a transformé Jessie en une fille si colérique alors qu'elle n'est pas du tout mauvaise au fond d'elle. J'ai envie de la plaindre et de la serrer dans mes bras pour la consoler, pauvre éternelle petite fille brisée.

4. Chacha 12/11/2016

Fendu le cœur * satané correcteur orthographique !

5. Chacha 12/11/2016

Le drabble sur l'annonce de la mort de Miyamoto m'a fendu l'envie cœur... J'avoue y avoir réfléchi moi aussi mais j'ai abandonné cette idée par peur que l'annonce et la réaction de Jessie ne soit pas bien décrites mais waw... j'ai adoré comment tu l'as écrit c'est parfait! J'ai aussi aimé tout le reste évidemment :)

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