Solitude

Le garçon s'appelait James mais tout le monde autour de lui l'appelait "Maître"; mis à part ses parents qui ne se souciaient pas assez de lui pour se rappeler son existence et ils le laissaient les 3/4 du temps aux soins des domestiques qui travaillaient dans la propriété familiale. Mais les domestiques ne pouvaient pas lui tenir compagnie toute la journée, ils avaient leurs propres tâches à accomplir, il commettait donc des bêtises pour se faire remarquer et il finissait enfermé dans sa chambre en guise de punition. Personne ne semblait vraiment vouloir se soucier de lui. Mais c'était bien d'un certain côté parce que James aimait l'isolement que sa chambre lui fournissait. Heureusement pour lui, il trouvait des passe-temps comme dessiner, se parler à lui même ou chanter en restant couché sur son immense lit planté au centre de sa chambre. Il ne parlait d'ailleurs presque jamais à personne, y compris ses parents. Comme il semblait corrompu et que sa désobéissance, souillait l'ego de ses parents, ceux ci avaient décidé de le fiancer à une jeune fille: Jezabelle. Elle était parfaite et apprendrait probablement les règles de la vie bourgeoise à James.Tandis que cette fille devint excessivement collante envers lui et commença à prendre du plaisir à le blesser, James commença à se sentir si complètement seul et perdu que chaque quantité d'imagination qu'il avait; disparu, de même que son énergie ou sa volonté.

Un jour cependant, il imagina Misa. Elle était vraiment tout le contraire de Jezabelle et venait du pays imaginaire de James. Elle lui en parlait souvent, elle lui racontait la beauté des plages, combien l'eau y était limpide et combien il faisait bon y vivre. James n'avait jamais quitté soleilville. À la différence de cette ville sinistre où il pleuvait presque en permanence, Misa n'avait jamais l'air maussade. Elle souriait toujours et restait brillante et espiègle. Elle ne taquinait jamais James, elle ne le raillait pas et elle ne lui faisait même aucune remarque, ne se plaignait pas de sa façon d'agir et n'essayait pas de le changer. En fait, elle lui disait seulement ce qu'il voulait entendre et elle lui disait des choses que ses parents n'auraient jamais voulu lui dire. Mais bien qu'elle aimait beaucoup parler à James, l'écouter était sa spécialité. James ne devait jamais demander sa permission à Misa pour lui parler. Elle s'assoupissait parfois en  plein milieu de certaines questions que James lui posait et il se doutait qu'elle ne lui répondrait jamais à ce sujet. Cependant, il se disait qu'elle s'endormait à ce moment, simplement parce qu'elle était fatiguée. Pour quelle autre raison son amie imaginaire s'endormait-elle en plein milieu d'un récit à moins d'être fatiguée? C'était une théorie agréable et véridique aux yeux de James.

Mais la compagnie de Misa n'était pas assez satisfaisante pour lui. Il estimait toujours qu'il avait la forte envie d'avoir plus que cela. L'amour de ses parents sans doute... Il devait passer chaque jour de son enfance avec Jezabelle et elle agrandissait seulement d'avantage le trou énorme qui se formait dans son coeur et dans son esprit. Tant que ce trou grandissait plus fort quotidiennement, James ne grandissait pas en apparence et surtout pas moralement. Il semblait que quelque chose semblait boire son énergie et sa foi en lui. Quelque chose qui n'était pas supposé être là et qui le faisait pleurer, quelque chose qui le dominait.

James faisait de son mieux pour ne plus déprimer mais sa mère, son père et Jezabelle étaient trop mauvais envers lui. Ils l'écrasaient totalement, ils essayaient de changer sa personnalité à chaque instant mais il devait maintenir sa position dans la vie et son identité. Si son père et sa mère voulaient vraiment qu'il devienne ce qu'ils rêvaient qu'il soit, ils devaient l'aimer en premier lieu mais ils ne le comprenait pas.

Sachant qu'il ne recevrait probablement jamais d'amour parental, James se renfermait sur lui même un peu plus quotidiennement. Il pensait qu'il ne trouverait jamais la tendresse et l'amour intérieure de ses parents. Ils semblaient trop stricts et il n'y avait peut-être même aucun sentiment derrière eux. Peut-être étaient ils aussi vides et désillusionnés que l'ensemble de sa vie l'était. Il ne se souciait pas vraiment de le savoir. Parfois il se forçait à se persuader qu'il se souciait autant de ses parents qu'ils se souciaient de lui. Mais bien sûr, il exprimait ses sentiments d'une autre façon que par l'ignorance...

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Tout était calme comme toujours et il devait de nouveau se reposer dans sa chambre. Aucun bruit ne brisait la paix temporelle qui comblait seulement ses rêves si consolateurs. Au moins, les tyrans qui demeuraient chez lui ne pouvaient pas en prendre possession. Tant qu'il dormait, il était heureux, plongé dans son monde enchanté, le seul monde qui le comprenait: Jamesland.

La porte s'entrouvrit. Aussitôt un filet de lumière traversa la pièce sombre. Ce filet de lumière traversa le plancher de la chambre, le panneau à l'arrière du lit et le côté gauche de son visage. Cette lumière aurait pu l'éveiller s'il n'était pas aussi loin,dormant à côté de la nourriture déposée à côté de son lit, portant toujours ses vêtements de la journée.

Jezabelle marcha à pas légers dans la pièce, tenant ses yeux sur son précieux James. Comme il semblait paisible comme ça avec ses larmes séchées sur son visage pâle.

Il avait seulement 11 ans et il était aussi blessé intérieurement qu'un homme qui aurait vécu 2 guerres. Dans ses onze années de vie, il avait éprouvé chaque once de douleur qu'une personne aurait éprouvé en 80 ans de vie. Il était si torturé, si dérangé, si rejeté surtout qu'il n'était pas étonnant qu'il pleurait tout le temps.

Tant qu'il dormait, c'était la seule chance que Jezabelle avait de sentir le contact de ses lèvres contre les siennes. Sans doute ne se réveillerait il pas à temps pour sentir son baiser. Elle sourit en se penchant et en observant la poitrine de son jeune fiancé se soulever et s'abaisser avec chaque souffle silencieux et paisible qu'il prenait. Elle avait presque honte de vouloir le déranger mais elle était entrée ici pour rien. Elle avait besoin de tuer James à petits feus pour lui prouver son amour. Elle le blessait avec son fouet depuis leur première rencontre, maintenant elle le blessait moralement. Elle ne pouvait plus attendre de le réveiller maintenant. Elle était à peine capable de sentir son souffle sur son visage quand elle se pencha par dessus lui, touchant ses lèvres doucement avec les siennes. Elles étaient si douces, elle ferma ses yeux appuyant ses lèvres un peu plus contre celle du jeune garçon mais à ce moment il sursauta et remua légèrement, complètement inconscient de qui était cette personne qui semblait vouloir l'étouffer.

Il était seul au milieu de James land et il dansait dans un champ de fleur. L'air était frais et un doux parfum emplissait les alentours pendant que des papillusions et des coxys volaient dans le ciel. Tout semblait magnifique, idyllique, spectaculaire. James courait à toute allure avec son fidèle caninos à ses côtés, se sentant vraiment libre et en paix avec lui même. Tout à coup, un buisson de roses attrapa sa vue. Il sourit et s'en approcha puis il se pencha pour sentir le parfum de l'une des magnifiques fleurs rouges qui s'y trouvait. Il sursauta tout à coup lorsque cette fleur sembla devenir vivante et l'embrassa...

Quel rêve étrange et illogique à la fois. Mais qu'arrivait-il maintenant? Il sentait une paire de lèvres se poser sur les siennes, le souffle d'une personne contre son visage, il semblait presque qu'il étouffait. Pourquoi ressentait-il cette sensation? Il ne s'était pas réveillé? Sans retirer ses lèvres de celles de la personne qui l'embrassait, il remua légèrement et ouvrit ses yeux lentement pour constater que cette personne qui l'embrassait était Jezabelle. C'était elle, c'était certain. Ses longs cheveux rouges étaient drapés sur son visage, ne lui laissant pas vraiment la possibilité de la voir et presque de ne pas respirer. Mais pourquoi l'embrassait-elle? Il sourit quelque peu et ferma ses yeux, la laissant faire. Elle était celle qui le torturait, le tuait un peu plus chaque jour et maintenant elle l'embrassait. Pourquoi? Ça n'avait pas de sens, mais de toute façon rien n'avait de sens dans sa vie. Il se laissait embrasser par sa pire ennemie. Après tout, l'amour est plus fort que la haine. 
C'était étrange, est-ce qu'il pouvait appeler ça un baiser? Il ne pouvait pas sentir son coeur battre, ni son sang marteler dans ses veines, il ne pensait même à rien. Il semblait qu'il se faisait embrasser par un mannequin. Aucun sentiment, aucune émotion. Quand il sentit que Jezabelle faisait glisser ses mains sur son corps, il se sentit perdu et seul, effrayé, il frissonna. Ensuite, il lui sembla qu'il ne pouvait plus respirer. Des images se projetèrent dans son esprit alors qu'elle faisait glisser ses mains sur sa taille, refusant de retirer ses lèvres des siennes, sauf pour reprendre un souffle bref un petit instant. Il sentit que Jezabelle allait essayer d'approfondir son baiser et il se retira brusquement, soudainement, fermant ses yeux autant que possible, la repoussant.

Tout ce que cette maudite fille pouvait faire était de regarder son visage fixement sans aucune expression. Il ouvrit ses yeux et il remarqua que ceux de sa fiancée ne semblaient même plus bleus désormais, ils semblaient vides. Son esprit devait être tout aussi vide. Ça l'effrayait. Elle allait le frapper de nouveau, il pouvait le sentir. Elle allait le blesser, il n'y avait rien d'autre qu'elle pouvait faire. Elle avait essayé de l'embrasser et il s'était retiré brusquement et maintenant elle lui faisait baisser les yeux prenant un air à la fois colérique et ahuri.

Elle remua et James tressaillit, attendant qu'elle le frappe. Mais elle n'en fit rien. Elle se glissa hors du lit, s'éloigna, le regarda une dernière fois en rougissant puis elle saisit la poignée de la porte maladroitement et la referma, faisant disparaître la lumière. Elle était partie.

Le stress de James diminua, sa respiration devint plus facile. Qu'est-ce qui était arrivé à Jezabelle? Pourquoi avait-elle voulu l'embrasser? Et pourquoi l'embrasser était une telle torture? C'était si... étrange.

Un bruissement se fit entendre de l'autre côté de sa chambre et il s'assit directement, se tournant vers la longue tenture veloutée recouvrant ses fenêtres. Misa en sortit alors, parée d'une longue robe rose et ses longs cheveux lavandes pâles étaient secoués par une brise imaginaire.

"Misa?" demanda James.  Il bondit pour allumer la lumière. Oui, c'était elle. Son visage semblait presque identique au sien. Il y avait des larmes séchées peintes sur sa peau pâle, blanche. Elle avait pleuré aussi.

"Qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi, pourquoi as tu pleuré?"

Elle renifla. "Elle t'a blessé?" demanda t-elle.

Il soupira, sachant qu'elle avait ressentit son malaise autant qu'il l'avait ressentit. Il sourit légèrement à son amie imaginaire, la dessinant sur un petit carnet. Il avait oublié que Misa ressentait les même choses que lui. Tout sentiment qui appartenait à James était inévitablement le sien. Si James mourrait, il ne resterait plus rien d'elle parce qu'il arrêterait de rêver, il n'aurait plus besoin d'elle pour jouer avec lui, pour l'éloigner de sa non-existence. 
S'il mourrait, James ne voulait pas devenir un fantôme comme cette Misa qu'il avait créée. Il refuserait de hanter cette maison. Peut-être étais ce le ciel de Misa mais ça n'était pas le sien. Oh non, cet endroit était loin d'être un paradis pour lui. S'il mourrait, son amie imaginaire lui manquerait terriblement mais au moins il quitterait cet endroit maudit pour toujours. Elle le savait.

"Tu ressents tout ce que je ressent, n'est ce pas?" demanda t-il.

Elle haussa ses épaules "Ça dépend. Comment vas tu aujourd'hui?"

Il libéra un souffle profond "Mal" répondit-il "Plus mal de jour en jour. Mais aujourd'hui je n'ai pas été frappé."

Misa baissa sa tête et s'assit sur le bord du lit. Il allait lui raconter tout ce qui lui était arrivé maintenant et elle l'écouterait.

"D'abord, je ne savais pas ce qui se passais parce que j'ai pensé que je rêvais toujours. Mais alors j'ai ouvert mes yeux et j'ai vu Jezabelle et je me suis rendu compte qu'elle m'embrassait et que tout ce que je pouvais faire c'était de me laisser faire." Il sourit "J'ai bien aimé d'abord parce que je me suis dit que tout compte fait elle m'aimait bien mais alors j'ai ressenti autre chose, je ne sais pas comment le décrire... Il semblait que quelque chose contrôlait Jezabelle, ce grand vide noir qui aspire ma vie." il commença à pleurnicher. "Et j'ai pu ressentir ce vide aussi et ça m'a donné une telle migraine que j'ai pensé que ma tête allait exploser, alors j'ai empêché Jezabelle de m'embrasser d'avantage et j'ai cru qu'elle allait me battre mais elle n'a rien fait."

"Ah oui" répondit Misa "J'ai tout ressenti."

"Au moins, je t'ai" commença James "Toi tu te soucies de moi. Tu peux ressentir tout ce que je ressent. Je n'ai pas d'autre ami que toi... à part mon caninos mais lui il ne parle pas le même language que moi." Il baissa sa tête. La noirceur l'encerclait, il savait qu'il était seul, plus qu'il le serait jamais. Tout ce qu'il avait était un ami imaginaire... et le Jamesland et ses chansons. Mais aucune âme vivante ne le comprenait. Jamesland et ses chansons étaient vivantes d'une certaine façon mais... pas Misa. Elle ne l'avait jamais été et elle ne le serait jamais. Mais il ne l'entendait pas se plaindre de ça. non. Il était le seul qui se plaignait. C'était simplement un acte égoïste d'être seul dans un monde si mauvais et si large.

"Mais ça ne sera pas toujours comme ça" ajouta Misa.

Il la regarda, prit quelques secondes pour réfléchir sur ces mots et ensuite il se remit à pleurer, songeant en lui même qu'il était condamné à être seul et à vivre dans la solitude. Il n'aurait que son amie imaginaire pour le soutenir. Personne ne remplirait sa vie. Jezabelle l'avait de nouveau déprimé, lui avait fait penser qu'il n'était rien de nouveau. Pourquoi? Il détestait cette question, parce qu'il ne pouvait jamais en trouver la réponse. Pourquoi l'avait-elle embrassé et pourquoi avait-elle eu une réaction si étrange quand il l'avait repoussée? Pourquoi existait-il?

Non, il ne le saurait jamais. Pourquoi perde son temps à essayer de trouver une réponse à une question qui n'en a pas? C'était stupide? Il ne serait jamais vraiment heureux durant une seule seconde durant toute sa durée de vie. Pas avec une personne mauvaise à ses côtés, c'était sûr.

"J'aimerais que tu restes toujours mon amie, Misa." dit-il doucement.

"Je le serais mais tu en trouveras d'autres également."

Il la regarda.

"D'autres?" demanda-t-il "Qui d'autre?"

Elle lui sourit, doucement et innocemment. "Tu n'es pas seul, James. Tu ne l'as jamais été."

Il acquiesça, quelque peu confus tout d'abord puis il alluma son petit lecteur CD. Il écouta la musique un instant puis il se mit à sourire d'un air satisfait frappé par une réalisation et il se recoucha sur son lit, fermant ses yeux en laissant la musique se verser sur lui, l'enveloppant comme un berceau calmant et confortable.

Pour une fois dans sa vie, il ne se senti plus tout à fait seul. Son amie imaginaire lui avait dit qu'il n'était pas seul et qu'il ne le serait jamais. Il y avait d'autres personnes dans son cas, qui ressentaient la même quantité de douleur.

Il n'avait pas voulu admettre qu'il y avait en effet d'autres enfants qui pensaient la même chose que lui dans le monde entier mais maintenant qu'il le savait, Misa pouvait partir. Il découvrirait d'autres horizons, il se trouverait d'autres amis et bien réel cette fois. Des amis qui le comprendraient et qui s'étaient sentis aussi seuls et malheureux que lui.

Il ferma ses yeux et commença à s'assoupir et à se plonger dans un nouveau rêve. Dans ce rêve il pouvait voir un miaouss parlant et une jeune fille aux cheveux fraises, aux yeux bleus profonds qui ressemblait physiquement à Jezabelle mais qui était beaucoup plus sympathique cependant.

FIN

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