Besoin de confiance

Depuis que j'ai atteint l'âge de quatre ans et jusqu'à présent, je n'ai jamais été capable d'avoir confiance envers les gens. Pourquoi? Parce qu'ils ne le méritent pas! Chaque personne que j'ai aimé ou en qui j'ai placé n'importe quelle confiance m'a abandonnée pour d'autres choses qu'il a trouvé plus importantes.


La seule façon dont on peut être complètement heureux c'est en ayant confiance en personne d'autre qu'en soi même.
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Je suis couchée ici dans mon sac de couchage. Il fait sombre et de nouveau mes amis et moi nous ne sommes nulle part. C'est simple, mon travail dans la Team Rocket ne me conduit jamais nulle part. Je peux entendre Miaouss ronfler, couché non loin de moi et je peux entendre la respiration douce de mon équipier: James. Dans la faible lueur des flammes de notre feu de camp, je peux à peine discerner son visage pâle à l'air si doux, sur lequel tombent ses cheveux lavande. Je souris un peu. Il n'en a aucune idée mais je m'endors toujours en regardant son beau visage et en écoutant sa respiration. C'est si... consolant. Depuis que je le connais, il est mon meilleur ami et même beaucoup plus. Mais cependant, je n'ose pas avoir vraiment confiance en lui. Mes mémoires de déception sont trop douloureuses pour que je prenne le risque de nouveau. Je m'effondre sur mon dos et je regarde fixement les étoiles, perdue dans mes pensées...
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Quand j'étais petite, j'étais convaincue que j'avais la meilleure maman dans le monde entier. Ma maman... ma mère... Myamoto. Qu'est-ce qu'elle était jolie. Je me souviens un peu d'elle, à mes yeux elle était une belle reine qui gouvernait le monde entier. Elle était aimable, juste et tout le monde la respectait. Particulièrement moi. J'étais une belle princesse avec des douzaines de prétendants cherchant ma main. ma mère et moi on dirigeait tout, ensemble, et personne ne pouvait se rebeller contre nous.


Je suppose que la réalité m'échappe, parce que la réalité était horrible. Nous étions misérables. Mon papa était un dresseur pokémon pas très intelligent qui n'a rien fait de bien ensuite. Il a quitté ma maman et nous a laissées sans le sou elle et moi. Nous avons eu beaucoup de difficultés à obtenir des repas et j'ai toujours dû porter des vêtements usés qu'aucune autre petite fille de la ville n'aurait voulu porter. Je n'avais même pas mon propre pokémon.


Mais j'avais mon imagination. À mes yeux, mes vieilles robes déchirées étaient magnifiques et mes rubans de cheveux étaient garnis de diamants. Un vieux sac en papier est devenu mon pokémon préféré et nos repas clairsemés de riz étaient des banquets. Mon imagination était tout ce que j'avais à l'époque. Ma maman travaillait mais ne gagnait pas assez d'argent pour s'occuper de moi mais nous nous sommes débrouillées aussi bien que possible.


Un jour, ma maman a accepté une mission très périlleuse en montagne dans l'espoir de gagner plus d'argent pour s'occuper de moi. Au matin, quand je suis descendue de la petite échelle qui conduisait à ma chambre pour prendre mon petit déjeuner très peu consistant, ma maman m'a saluée parée dans ses vêtements de travail. Une robe noire courte avec un "R" rouge énorme sur sa poitrine, des gants blancs et des bottes assorties. Elle m'a saisit dans ses bras et m'a étreinte fortement. J'ai rit et j'ai joué avec une de ses longues mèches de cheveux violacés.


Elle s'est un peu retirée de l'étreinte et m'a regardé sérieusement. "Jessica" m'a-t-elle dit "Je dois partir en voyage aujourd'hui."


J'ai froncé mes sourcils: "Maman... tu dois toujours partir! Reste un peu ici avec moi aujourd'hui!"


Elle s'est mise à genoux devant moi, caressant doucement mes cheveux.


"Ne t'inquiète pas pour moi. Je ne vais pas partir trop longtemps cette fois et quand je reviendrais, je t'apporterai des cadeaux et la meilleure nourriture que tu pourras avoir. Nous serons riches suite à ce travail que je dois faire pour ma patronne."


Mes lèvres ont tremblé et j'ai senti des larmes piquer mes yeux. Finalement, j'ai fondu en larmes et j'ai saisit le corsage noir de ma maman. "Non!" ai-je pleuré. Mes larmes trempaient sa robe.


Maman a resserré son étreinte, caressant mes cheveux, me consolant silencieusement "Jessie, tu dois être courageuse. Je te promets qu'après cela, je ne partirai plus jamais de nouveau pour de longs voyages."


J'ai reniflé. "Promis?"


"Je te le promet, chérie. De tout mon coeur." Maman a prit une photo de moi pour me tenir près de son coeur tandis qu'elle était au loin. Elle me montra l'image. "À chaque fois où je la regarderai, je me souviendrai de combien tu me manques et j'essayerai de me dépêcher pour revenir à la maison."


Je l'ai observée partir jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue, lui faisant signe de la main. Je me rappelle le reflet de la lumière du soleil qui brillait sur ses longs cheveux. Elle semblait si décidée et courageuse, elle m'a sourit d'une manière rassurante puis elle s'est retournée et a disparu à l'horizon. Dès qu'elle fut hors de vue, un nuage noir passa et bloqua le soleil momentanément, envoyant un frisson froid dans mon corps. J'ai tremblé et me suis appuyée contre l'embrasure de la porte.


C'est étrange combien je peux me souvenir de ce moment, toutes ces images se déroulent toujours dans ma tête comme un film. Les couleurs, les odeurs, les sons... l'ombre du nuage et l'obscurité qui rampait dans mon coeur. Je savais que ça ne se passerait pas bien mais je n'ai rien dit parce que j'espérais avoir tort. J'ai attendu, pendant des jours qui se sont bientôt métamorphosés en semaine. Chaque jour devenait plus douloureux et ma mère semblait s'éloigner de plus en plus de moi.


Je la voulais tant à mes côtés. Bien sûr, je voulais aussi de l'argent, de la bonne nourriture, de belles robes et de beaux jouets comme ceux que je pouvais voir dans les vitrines des magasins mais plus que tout... je voulais ma maman.
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Je me tourne et me retourne dans mon sac de couchage. À côté de moi, James respire toujours doucement. Il est si paisible. Moi je suis à bout de nerfs, il me semble que je me noie dans de l'eau froide et profonde. Ma maman. Oh, pourquoi a-t-elle dû me quitter? Des larmes me viennent et glissent le long de mes joues comme une pluie torrentielle. Je dois avaler mes sanglots. Je ne peux pas réveiller James et le laisser me découvrir comme ça. Je lui tourne le dos et je sanglote silencieusement dans le calme.


Mes pensées me font mal, elles me blessent comme la lame d'un couteau. Je suppose que ça sera toujours pareil. J'aimais tant ma maman et je ne la reverrai plus jamais de nouveau. Quand je pense à tout ce que nous aurions pu partager... elle ne m'a jamais vu grandir et devenir une femme et je n'ai pas pu mieux la connaître. Peut-être aurais je été différente si elle était restée avec moi. Peut-être serais je plus agréable, plus heureuse. Peut-être aurais je pu apprendre à aimer les autres. Peut-être, au moins, aurais-je pu apprendre à m'aimer?
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"Myamoto a disparu dans une avalanche il y a quelques jours et nous n'avons pas reçu de nouvelles d'elle depuis."


L'homme en uniforme noir était si calme. Il me rendait folle de rage. Je voulais lui sauter au cou et l'étrangler, lui hurler dessus, le blâmer. Comment osait-il être aussi calme? Mon coeur avait été déchiré en deux!


J'ai couru hors de la pièce, frénétiquement et sauvagement, fuyant la vérité terrible que je refusais de croire. Je me suis éloignée de la maison, j'ai traversé la rue, la ville et les bois. J'étais affolée, folle, effrayée et je ne me souciais pas de ce qui pouvais m'arriver. Je devais partir, je le devais...


J'ai atteint la rive d'une rivière et me suis arrêtée, regardant fixement les rapides puissants. J'avais trop peur pour traverser cette rivière donc j'ai dû m'arrêter de courir. Je suis restée debout là un instant, regardant fixement l'eau puissante et effrayante. Ensuite, la vérité m'a rattrapée. Et elle m'a blessée, elle m'a fait si mal, elle m'a poignardée. Je suis tombée à genoux, je me suis effondrée sur le bord de la rivière et je suis restée assise là dans le silence. Et ensuite, j'ai pleuré. Pleuré? J'ai braillé, j'ai crié, j'ai hurlé. Ce n'était plus des pleurs, c'était de la douleur pure.


"Elle a brisé ma promesse!" ai-je crié "Elle a dit qu'elle reviendrait à la maison! Elle a dit..." ma voix se brisa "que j'étais sa princesse."


Je me suis couchée au sol et j'ai appuyé mon visage sur mes bras. À l'intérieur de moi même, j'étais morte.


Ma tante m'a trouvée. Elle m'a soulevée dans ses bras et m'a portée à ma maison puis elle m'a couchée sur le paillasson qui me servait de lit. Je pense que je suis restée couchée là durant tout le reste de la journée et de la nuit, trop affolée pour dormir. Je ne pouvais pas faire autre chose que de sangloter. Le lendemain, des gens sont venus à ma maison, apporter des cadeaux et des fleurs. Je leur hurlais de partir, parfois je leur lançais des roches ou d'autre choses. Ma tante supportait tout cela, ne disant pas un mot, le visage blanc, ne montrant aucune expression.


Finalement, ma tante n'a pas pu continuer à s'occuper de moi et m'a mise à l'orphelinat. Je suis alors devenue encore plus furieuse. La charmante et douce petite fille aux cheveux fushia, innocente et adorée par chacun est devenue un horrible enfant. J'étais constamment irritée et je frappais souvent les autres gosses qui souhaitaient jouer avec moi. Inutile de dire que je n'avais pas un seul ami, mais je ne m'en souciais pas.
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James dort comme un bébé. Ses yeux sont fermement fermés et il sourit légèrement. Il semble chanter doucement dans son sommeil, comme s'il rêvait. Je m'approche pour écouter.
".... lucky lucky..." murmure-t-il doucement dans son oreiller.


Je gémis intérieurement. Mais alors je souris. Bien qu'il soit assez stupide, il est adorable tout de même.


"Hé, James" dis-je doucement en souriant. La tentation de le toucher prend le dessus de moi et j'allonge ma main vers sa joue, repoussant quelques mèches de cheveux de son visage. Il remue un peu et je retire ma main en hâte. Alors je vois que son sourire s'élargit et il chuchote: "Jessiiiie...."


Je sais qu'il rêve. Il ronflait à moitié en murmurant mon prénom.


C'est assez agréable de savoir qu'il rêve de moi.
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Les uniformes de l'orphelinat étaient probablement les vêtements les plus laids que j'avais jamais vu de toute ma vie. Je n'avais jamais vu ce style auparavant puisque j'avais toujours été pauvre mais ces choses étaient LAIDES.


Dans mon esprit, je gardais l'image d'un garçon et à chaque fois où je pensais à lui, j'avais un sentiment maladif dans l'estomac. Je gardais toujours une photo de lui dans ma poche bien que nous ayons rompus depuis plusieurs mois. Je n'ai jamais su ce que je ressentais pour lui. Il était mon premier petit ami, mon premier amour, le premier garçon que j'avais embrassé. Mais il n'avait pas été le premier à me trahir.


Je n'étais pas la fille la plus jolie de cette école. Les autres filles de mon âge semblaient toutes plus grandes et sveltes que moi. J'étais bizarre et maigrichonne, avec des cheveux séparés en deux couettes tressées et mon visage était pâle et mes yeux disons, spéciaux. Mais tout de même, mon premier petit copain, *lui* il m'avait trouvé attirante.


Ou peut-être m'avait-il juste trouvée facile. C'était plus probable, considérant le fait que j'étais aussi belle qu'une Lippoutou.


Ce garçon était un footballeur et il était un peu plus âgé que moi. Je m'en souviens très bien. Je le trouvais beau et c'est toujours ce que j'ai pensé de lui après notre rupture.


Je l'avais rencontré à l'orphelinat. Il m'avait prit sous son aile, était agréable avec moi et me traitait comme une princesse. Le jour de mon treizième anniversaire, il s'était glissé jusqu'à ma chambre après le couvre-feu et s'était comporté comme Roméo l'aurait fait envers Juliette. Il m'avait apporté mon présent: mon premier baiser. Ce scénario ressemblait à celui d'un de ces navets que l'on passe chaque année au cinéma, mais je l'avais vraiment apprécié.


Avant même que je ne puisse réfléchir, nous étions couchés sur le plancher. Je ne savais même pas ce que je faisais. Nous nous touchions partout,... je ne veux même pas y penser, maintenant ça me rend malade.


Et ensuite, une surveillante est entrée. Elle était étonnamment sournoise. Je pense qu'elle devait être soit médium ou soit curieuse, peut-être les deux.


À l'époque j'avais été plus que perturbée (pour ne pas mentionner embarrassée) mais maintenant je suis reconnaissante de l'intrusion de cette femme. Elle a eu raison de dire que je n'étais qu'une idiote pour offrir mon corps de la sorte à ce sale garçon car après notre soirée interrompue un peu trop tard, il a semblé perdre l'intérêt qu'il avait envers moi. Bien sûr, j'étais totalement éperdue. Tout ce à quoi je pouvais penser c'était à des plans pour pouvoir le récupérer.


J'ai commencé à me maquiller et à laisser pousser mes cheveux, j'ai essayé aussi de porter des tenues plus sexy mais c'était inutile. J'étais toujours relativement maigre et sous-développée, non attirante, avec des genoux et des coudes osseux. Quoi qu'il en soit, il a trouvé quelqu'un d'autre: Cassidy. Elle m'a rendue si jalouse. Elle avait de longs cheveux blonds, de grands yeux violets, pour ne pas mentionner un visage parfait. À l'époque, elle était la fille la plus jolie de l'orphelinat et elle était plus âgée que moi, donc parfaite pour mon ex-petit ami!


Ça ne pouvait pas devenir beaucoup plus mauvais que ça l'était déjà. Elle s'affichait toujours aux bras des garçons, elle flirtait constamment, recherchant des petits amis supplémentaires avec sa voix sirupeuse et son corps fabuleux. J'ai essayé de me venger en trouvant un autre petit ami mais personne ne voulait de moi, j'étais trop "moche" aucun garçon n'était intéressé par moi. Je n'étais rien comparée à Cassidy de toute façon.


Finalement, dans cet orphelinat, je pouvais manger autant que je le voulais et je l'ai fait pour étouffer ma tristesse. Je bourrais mes joues à chaque repas, assise seule dans mon coin de la cafétéria, heureuse d'avoir de la nourriture à entasser dans ma gorge. C'était le bonheur complet!


La bonne alimentation a fait des miracles pour ma santé. J'ai commencé à devenir plus grande tout à coup, mon visage s'est arrondit et j'ai gagné des couleurs. Cependant, j'étais toujours plus blême que la plupart des personnes et je le suis toujours. Mes années de sous-alimentation ont eu un effet durable sur moi, je pense. En plus de tout, mon corps était moins rachitique et... j'ai commencé à avoir des formes.


Quand je dis que j'ai eu des "formes", je ne parle pas dans le vent! Du jour au lendemain, j'ai soudainement acquis le corps que je rêvais d'avoir depuis toujours. J'ai été fière de cela et j'ai commencé à porter des mini jupes parce que ça me faisait me sentir plus jolie et confiante et... les autres personnes l'ont remarqué!


Les garçons ont commencé à me regarder fixement quand je marchais et certains sifflaient même, hurlaient comme des loups, souriaient bêtement ou me clignait de l'oeil timidement. Je me suis sentie beaucoup plus sûre de moi, pour ne pas mentionner arrogante. J'étais magnifique et chacun le savait. Je pouvais sentir les autres filles, fixant leurs yeux sur moi jalousement et j'aimais ce sentiment.


Finalement, je me sentais importante.


Malheureusement, ça m'a conduit à d'autres ennuis. Parce que quand on est petite, rachitique et laide, on est respectée pour son esprit mais quand on est grande, mince, à la peau claire et jolie, on perd ce respect. C'est injuste et terrible. Les gens arrêtent de regarder qui vous êtes et se concentrent seulement sur le physique et à partir de ce moment, tout ce que l'on voit en soit, c'est son physique parce que c'est la seule chose qu'on est encore capable de voir.
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Je regarde James de nouveau et les larmes reviennent à mes yeux. Je les chasse et je continue à penser qu'au fond de moi je ne suis qu'une mauviette. Je me murmure à moi même: "Pourquoi tout cela m'est-il arrivé?"


Je regarde mon ami pour recevoir une réponse mais aucun autre son ne se fait entendre à part sa respiration douce. Je soupire, souhaitant qu'il s'éveille. Je m'imagine lui racontant tout cela, toute cette douleur stupide que j'ai à l'intérieur de moi et comment je ne peux pas m'en débarrasser. Il me consolerait, bien sûr. Peut-être me donnerait-il une étreinte en me disant que tout va bien et peut-être alors pourrais je lui dire que je l'aime.


Je renifle et essuie une nouvelle larme. Je ne pourrais jamais le faire... que dirait-il? "Je t'aime, Jessie"?


Je roule mes yeux. Pfff, j'agis comme une adolescente romantique. Je ne dois pas penser comme ça! Ça n'empêche pas que je trouve James terriblement agréable.
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Un soir, je me promenais dans le parc de l'orphelinat, c'était la veille des examens de fin d'année mais au lieu d'étudier, j observais le ciel noir et les étoiles qui l'éclairaient. J'ai entendu tout à coup quelque chose et me suis retournée. C'était *lui*, mon ex-petit ami.


"Jolie nuit, hein?"


J'ai acquiesçé et j'aiai marmonné quelque chose d'incohérent. J'ai refusé de le regarder, donc il s'est avancé à côté de moi. J'ai pu sentir sa main toucher mon épaule.


"Tu as étudié pour les examens de demain?"


"Pourquoi n'es tu pas avec Cassidy?"


Il s'est mit à rire. "Y a-t-il une loi qui m'oblige à rester avec ma petite amie à chaque minute?"


"Non, mais il devrait y en avoir. Ça te tiendrait loin de moi."


Il riait tranquillement, presque d'un air menaçant. Alors, après un moment il m'a dit: "Tu sembles bonne, Jessie. Beaucoup mieux que quand tu es venue ici." Etais-je supposée prendre ça comme un compliment? J'ai eu envie de le frapper mais je ne l'ai pas fait.


Je me suis détournée et j'ai fixé mon regard fâché sur les ondulations de l'eau du lac à mes côtés. Ensuite, il  a enveloppé son bras autour de ma taille. Je l'ai poussé aussi brutalement que je pourrais et je l'ai regardé fixement. Il s'est mit à rire doucement: "Tu es terriblement bagarreuse, ce soir."


"Pars!" ai-je crié, lui lançant un regard noir.


Il s'est jeté sur moi et a tiré mon corps contre le sien, m'embrassant. J'ai lutté et je l'ai repoussé avec toute la force que j'avais, alors j'ai soulevé mon poing et je l'ai frappé en plein visage, aussi durement que je le pourrais.


Il a reculé, saisissant son nez et m'a regardé fixement, les yeux remplis de haine en me hurlant:


"Espèce de... de.... SALE PUTE!!!" 


Je me suis sentie déconcertée. Il m'avait traitée de pute alors que c'était lui qui avait essayé de me toucher?! Mon estomac s'est resserré. Je voulais lui hurler dessus et bondir sur lui pour l'attaquer violemment mais tout ce que j'ai fais, c'est me relever de terre en bougonnant d'un ton froid: "Je ne suis pas la fille que tu penses." J'ai rétrécit mes yeux: "La seule pute ici, c'est Cassidy."


"Ferme la!" hurla-t-il en levant sa main. Il la laissa en l'air pendant un instant.


J'ai grogné et j'ai vu de la haine mélangée à de la soif de sexe dans ses yeux. Il regardait mon corps de haut en bas, se concentrant sur mes courbes et mes formes. J'ai senti une colère bouillonnante monter en moi et j'ai craché dans son visage. Il a sursauté, choqué et ensuite il m'a giflée.


J'ai apporté ma main jusqu'à mon visage et j'ai sentit mon nez, il saignait; un petit flot cramoisi glissait en bas de mon menton salissant le col de mon uniforme. Mon ex petit ami est parti dans un assaut de colère et ce fut la dernière fois où je l'ai vu.
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"Et ensuite je t'ai rencontré, toi" dis-je doucement en caressant les cheveux de James dans l'obscurité et en lui souriant "Et tu m'as sauvée plus de fois que je peux le compter."


Il respire doucement, les yeux fermement fermés. Il sourit toujours. Je touche sa bouche doucement des bouts de mes doigts. Pourquoi ne puis-je pas agir de la sorte quand il est éveillé?


"Tu es mon meilleur ami. Tu le sais, n'est-ce pas?"


"Mmm" murmure James dans son sommeil. Il se retourne sur son dos.


Je regarde fixement sa silhouette, observant la hausse et la chute stable de sa poitrine de même qu'il respire. Il est le seul garçon qui m'a vraiment respectée et s'est vraiment soucié de moi. Et bien qu'il est stupide et naïf de temps en temps, je ne l'échangerais jamais contre quelqu'un d'autre.
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Je venais d'être inscrite à l'école Crève-Coeur, après mon renvoi de l'orphelinat. Les agents Jenny m'avaient inscrite dans cette école très réputée et normalement réservée aux enfants riches dans l'espoir que je me socialise un peu. Après avoir défait mes valises dans ma chambre, je suis sortie dans la cour déserte, j'ai saisi un caillou et je l'ai fait rebondir sur un mur de briques. Lorsque j'en ai pris un autre, j'ai senti que quelqu'un saisissait ma main.


"Que fais tu?"


Je me suis retournée, soulevant le caillou, prête à le lancer sur le contrevenant. Un garçon aux cheveux lavande cacha sa tête avec ses bras et pria: "S'il te plaît, ne le jette pas sur moi. Je n'avais pas l'intention de t'effrayer!"


Je l'ai regardé de haut en bas. Il était un peu trop mince mais joli. Ses cheveux bleus lavande tombaient en mèches douces presque sur ses épaules et il avait de grands yeux verts. Son visage avait des traits délicats et il semblait effeminé mais en même temps il était assez beau. J'ai immédiatement pensé qu'il était un "joli gamin" et j'ai presque employé ces mots pour l'insulter mais quelque chose m'en a empêché. Au lieu de cela, j'ai simplement baissé ma main et je l'ai regardé fixement: "Que veux tu?"


Il a éloigné ses bras de sa tête timidement en haussant les épaules "Je me demandais juste ce que tu faisais." m'a t-il répondu d'un ton gêné.


"Je lance des cailloux sur ce bâtiment. Tu ne l'avais pas remarqué?!"


Il a sursauté un peu face au ton dur de ma voix mais je ne m'en suis pas vraiment souciée. Je n'étais pas d'humeur à rassurer cet enfant. Je lui ai tourné le dos et j'ai lancé le caillou que je tenais sur le mur. Il  frappa un appuie de fenêtre et tomba dans une poubelle.


"Bon lancé." 


J'ai haussé mes épaules.


Il s'est approché prudemment de moi et a prit un caillou. Ensuite il a regardé le bâtiment en disant: "Comment tu t'appelles?"


J'ai pris une autre bout de gravier: "Jessie. Quel est ton nom?"


"James" me répondit-il en ramassant un caillou à son tour. Il l'a lancé, celui-ci traversa l'air mais ne toucha pas le mur. Ca m'a fait rire un peu.


James m'a sourit chaudement: "Je suis content de te voir sourire. Tu étais triste?"


Il me parlait si naturellement, comme s'il me connaissait depuis des années. Je ne sais pas expliquer pourquoi mais il me semblait aussi que je le connaissais depuis toujours. J'ai soupiré et j'ai fais rouler mon petit bout de roche entre mes mains "Oh, tu sais, c'est dans mes habitudes. Je n'ai aucun ami, aucune vie, aucun argent, nulle part où aller. C'est un jour typique dans ma vie."


"Ma vie ressemble à ça aussi." 




James m'a sourit tristement.


"Il semble que le monde entier m'a... m''a.... je ne sais pas, tourné le dos peut être. Toi aussi?"


"Tout le temps" m'a dit James, donnant un coup de pied au sol avec le bout de sa chaussure vernie. "Particulièrement ma famille. Ils ne.... me comprennent pas. Je suis différent."


"Au moins tu as une famille."


"Si on peut dire. Je ne t'ai jamais vue avant?"


J'ai haussé mes épaules. Je me sentais un peu mal à l'aise car je n'avais pas vraiment envie de raconter ma vie. "Je viens d'arriver. Que faisais tu tout seul ici?"


Ce fut le tour de James de sembler malheureux. "Bien... je n'ai pas d'amis. La plupart des gens pensent que je suis une mauviette... et... et ils me frappent, je ne sais pas pourquoi. Je ne parle à personne."


"Tu m'as parlé."


Il est resté silencieux pendant une minute. "Je me sens seul."


"Seule." ai-je répété. Nous sommes restés calmes un instant.


La brise fraîche, stable soufflait sur nos visages. J'ai observé les lumières dans le bâtiment. Je savais qu'il avait raison. Je me sentais toujours seule mais ce soir là, j'ai senti quelque chose d'autre que je n'avais plus senti depuis une longue période de temps... une sorte d'intimité spéciale. Ça m'embarrassait un peu mais c'était agréable.


Il m'a prit un moment pour réaliser que j'avais toujours un caillou dans ma main. J'ai balancé mon bras en arrière et j'ai pris position pour le lancer. "Penses tu que je peux briser cette fenêtre?" ai-je dit, indiquant le carreau devant nous.


James m'a regardée du coin de l'oeil et sourit. "Bien sûr. Pourquoi pas?"


J'ai envoyé le caillou à toute vitesse et il frappa le verre, le brisant. James et moi nous nous sommes mis à rire sottement, une lumière apparu derrière la fenêtre voisine: le bureau du proviseur. S'arrêtant de rire et glapissant avec crainte, James s'accrocha à mon bras et ensuite nous sommes partis en courant.


Une fois en sécurité, il m'a sourit et a dit: "Hé, Jessie?"


"Oui?"


"Je t'aime bien."


Le lendemain matin, durant la récréation, j'ai aperçu James se faisant maltraiter par d'autres élèves. J'ai pris sa défense et ça a d'avantage approfondit notre amitié. Nous sommes devenus tout à fait inséparables et nous avons commencé à sécher les cours ensemble.


Finalement, lors de la veille des examens de fin d'année (et oui, encore) nous sommes allés à une fête lui et moi. Il y avait beaucoup de musique tonitruante, j'ai dansé comme une folle. James quant à lui est resté assit dans son coin, m'observant.


L'alcool était servit à volonté. J'ai pris deux verres de bières, je suis retournée à la table où m'attendait James et je lui ai offert un verre. Il m'a regardé fixement, les yeux grands ouverts en secouant sa tête.


"Gamin" ai-je dit dédaigneusement, rejetant ma tête en arrière en versant le contenu d'un verre de bière dans ma gorge.


"C'est illégal."


"Seulement si tu es attrapé" ai-je répliqué. La pièce tournait autour de moi et je me suis penchée contre un mur pour maintenir mon équilibre.


"Et bien quoi qu'il en soit moi je n'en veux pas."


J'ai haussé mes épaules et je suis allée chercher un autre verre.


Je ne me souviens pas de comment cette party s'est terminée mais je me suis réveillée dans un endroit peu familier. Un lit, peu familier. J'ai jeté un regard aux alentours de la pièce. ÇA N'ÉTAIT PAS MA CHAMBRE!


J'étais furieuse, je bouillonnais de colère. "Jessie, l'expérience ne t'a rien appris?" me suis-je demandée "Les hommes ne te respectent pas, ils désirent seulement une chose..."
Oh bon sang!


J'ai repoussé les couvertures et j'ai sauté hors du lit. Je portais toujours mon uniforme, le même que j'avais porté la veille, seulement il était un peu chiffonnés, ça ne m'a pas rassurée.


J'ai ouvert la porte de la chambre et je me suis cognée dans James. Il tenait un petit plateau de nourriture et était paré de son uniforme, pas du tout chiffonné. Il m'a sourit chaudement. "Bonjour. Tu viens seulement de te réveiller? C'est le jour des examens aujourd'hui." J'ai donné une tape au plateau qu'il tenait, renversant son contenu partout. Ses yeux se sont élargis.


"Je le savais!" ai-je crié, explosant "Que m'as tu fait hier dans la nuit?"


James m'a regardée d'un air totalement abasourdi. "Nous sommes allés à cette party et je ne savais pas où tu dormais alors je t'ai apportée ici, dans ma chambre." dit-il, d'une voix un peu hésitante.


"Ouais et tu avais glissé quelque chose dans ma boisson afin de pouvoir..."


"Tu as bu de la bière! Une tonne de verres de bières... tu étais complètement ivre, je ne pouvais pas te laisser comme ça!"


"Non, tu devais me conduire dans ton lit et c'est ce que tu as fait!"


James a poussé un halètement choqué.


 "Jessie! Je n'ai rien fait... enfin, je ne ferais jamais quelque chose comme ça!"


"Ouais. Je ne le crois pas."


"J'ai dormi sur mon divan toute la nuit" fit James. Ses yeux étaient suppliants "Je te promets... je ne ferai jamais ça, j'aurais trop honte. Jamais! Je... je... je..."


Je l'ai fixé du regard puis je me suis retournée et j'ai vu son divan. Quelques couvertures étaient empilées dessus ainsi qu'un oreiller. J'ai recentré mon regard sur lui, il tremblait et rougissait, je me suis calmée. "Tu as peut-être tout organisé pour que je croies que tu as dormi là. Comment puis-je savoir ce qui est vrai? Prouve le."


La bouche de James s'est ouverte et s'est ensuite refermée. Il se mit à rougir d'avantage et haussa ses épaules désespérément "Je... je..."


"Allez, prouve moi!"


Il pleurnichait "Je.... je... suppose que je pourrais mais-mais je ne sais pas et que je ne peux pas..."


Je lui ai sourit, sa phrase était tout ce qu'il y a de plus illogique mais de toute façon, la preuve était dans ses yeux.


Je n'avais jamais vu ce genre d'honnêteté innocente dans le regard de quelqu'un auparavant. Il baissa sa tête et libéra un gros soupir. J'ai pris sa main dans la mienne et il releva sa tête un peu, me regardant directement dans les yeux. "Je te crois." lui ai-je annoncé.


"Merci"  Ses yeux étaient remplis de gratitude.


"Tu acceptes de t'enfuir d'ici avec moi après l'examen?"


"Oui, c'est entendu."
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"Nous avons bien fait de nous enfuir de l'institut, n'est-ce pas?" dis-je à James.


Il est toujours endormi mais je ne m'en soucie pas; au moins il semble m'écouter et il ne m'interrompt pas.


"Tu te rappelles, James? Nous avons eu les plus mauvais résultats de l'histoire de l'école. Nous sommes pathétiques, tu n'es pas d'accord?"


Il murmure quelque chose. Je ne sais pas quoi. Peut-être que ça signifie: "Jessie, tu ne peux pas voir que j'essaye de dormir?"


"Je sais. Mais j'ai beaucoup de choses qui me pèsent dans l'esprit et Miaouss ne comprendrait pas."


Même endormi, ce chat a le don d'être ennuyeux. Il ronfle drôlement. En plus, c'est plus thérapeutique de parler à James, enfin, c'est ce que je pense.


"Je ne sais pas si j'ai bien fait de te proposer de quitter le gang des bicyclettes aussi. Pourtant, c'est probablement le seul endroit où nous avons vraiment été célèbres ou populaires... Peut-être aurions nous dû rester avec eux."


James fronce ses sourcils légèrement.


"Ouais, bien, tu t'étais senti assez gêné de recevoir la formation avec un vélo à 4 roues. "Little Jim", même à quinze ans, tu étais décalé."


"Mmmmf...."
"Désolée."Ne le prend pas personnellement. Tu étais mignon comme ça."
Il sourit rêveusement.


"Tu n'es pas réveillé, James? Parce que si tu l'es et que tu essayes de me faire croire que ça n'est pas le cas, je te tuerai!"


Aucune réponse. Il garde toujours son sourire imbécile sur son visage.


Je soupire "Bien, pour un garçon endormi, tu perçois remarquablement les choses. Et tu es mignon. Te l'ai-je déjà dit? Oui je pense que je l'ai déjà fait."


James s'effondre sur son côté, me tournant son dos. Il me fait sursauter un peu et je me sens triste de nouveau.


Je me rappelle ce jour où j'ai cru qu'il allait me quitter.
~o~o~o~o~o~

Jezabelle.


Je ne peux pas retirer son visage de mon esprit. Je suppose que ça n'est pas surprenant. Bien que je déteste l'admettre, Miaouss avait raison: cette fille a exactement le même visage que moi. Mais je penserai toujours que je suis plus jolie. C'est vain, je sais. Mais je suis une personne assez vaine.


Ce qui me blesse probablement le plus c'est la façon dont j'ai traité James ce jour là. Tout ce à quoi je pouvais penser était à ce que je gagnerais quand James se marierais, à toute la fortune qu'il me donnerait. Je voulais devenir riche rapidement et ça semblait être la façon la plus facile de le faire.


Je ne voulais pas exactement qu'il épouse cette fille, j'ai même dit que nous pouvions truquer le mariage et filer avec l'argent mais je suppose que ça n'a pas changé le fait que j'ai pensé à moi avant lui. Comme je fais toujours, comme je l'ai fait de nouveau avec Tewatos. Suis-je une personne horrible? Je pense que oui. Les seules choses qui m'apportent de la satisfaction sont l'argent et ma beauté.


Chaque soir je regarde James pendant des heures, je l'écoute respirer, je suis contente de savoir qu'il est si près de moi que je peux le toucher en étendant ma main. Et je sais que peu importe combien de fois je l'ai frappé, critiqué, dédaigné, accusé d'être une mauviette ou n'importe quelle autre chose de ce genre, il est toujours mon meilleur ami. Quand James était resté au manoir avec cette horrible Jezabelle, mon monde s'était détruit. De nouveau, mon coeur s'était arraché et déchiré en deux. J'étais persuadée que mon meilleur ami avait choisi cette femme détestable plutôt que moi. 


Je marchais avec Miaouss le long de la route après que nous ayons été propulsés hors de la niche de Caninou. Nous essayions de nous remonter le moral tous les deux...


Je sais que bien que Miaouss feigne être dur et indépendant, il est faible et désespéré quand il est laissé seul. Il dépend totalement de moi et James et bien que Miaouss et moi nous ne soyons pas souvent d'accord, nous sommes toujours amis. Je sais que ce chat a la plus importante grandeur d'âme de tous les pokémon. Je peux voir derrière la façade dure qu'il se donne à l'extérieur qu'il a une âme désespérée dont le seul but est d'aimer et être aimé. Je ne suis qu'une mauvaise personne, parfois je suis prête à l'abandonner tout comme James et j'ai  parfois des sautes d'humeur violentes envers lui également.


... Mais je sais qu'à l'intérieur de moi, je suis comme Miaouss.


Je veux aimer et être aimée.


L'argent, les regards, la fascination... ce n'est pas tout à fait ce qui est le plus important.


Ce qui me rend folle c'est qu'il m'a prit tant de temps pour le savoir. J'ai dû risquer de perdre mon meilleur ami en échange de cette sagesse assez douloureuse.


Ce soir-là, des larmes piquaient mes yeux alors que je marchais avec Miaouss. Le crépuscule tombait sur les champs et les forêts nous entourant. J'ai cligné des yeux, retenant mes larmes et j'ai regardé le ciel rosé. Il semblait si captivant que je ne pouvais pas en retirer mes yeux.


Alors tout à coup, j'ai entendu une voix céleste venant de derrière moi. "Nous sommes de retour!"


J'ai de nouveau soulevé mon regard vers le ciel et j'ai vu notre montgolfière. Dans le panier se trouvait James. Mon coeur s'est mit à battre plus rapidement. J'ai presque crié de joie et de surprise mais je me suis contenue. En souriant et presque avec des larmes dans les yeux, ma voix à hésité lorsque j'ai répondu: "Pour vous jouer de mauvais tours!"


James a fait descendre le ballon et j'ai commencé à sourire. Je riais sottement à l'intérieur de moi-même comme une petite fille et j'ai soulevé ma main vers celle que James me présentait. Il m'a saisit fermement par le poignet et m'a puissamment soulevée dans le panier avec lui. Il n'avait jamais été si fort auparavant.


Nous nous sommes promis que nous serions ensemble et libre pour toujours et nous avons serrés la main de l'un l'autre. J'ai souri, je voulais le serrer dans mes bras mais nous nous sommes seulement regardés fixement. Par la façon dont on se regardait, on aurait pu penser que nous étions sur le point de devenir amants mais les yeux de James racontaient une histoire différente. Je ne peux pas vraiment l'expliquer avec des mots et je n'oublierais jamais ce moment.


Ce que je savais c'est que notre amitié était quelque chose que la plupart des personnes ne vivent jamais. Nous avons une obligation, James et moi qui ne peut pas être brisée. Pas par l'argent, nos ennemis, nos échecs, nos succès ou autre chose.
~o~o~o~o~o~

La seule chose pour laquelle les autres personnes sont bonnes c'est pour faire faux bond à leurs amis et à leurs proches...


J'en avais eu la preuve durant toute ma vie. Ma mère, mon père, ma tante, mon premier petit ami, tous m'avaient quittée.


James?


J'ai cru qu'il m'avait quittée aussi mais... il est revenu.


Des larmes piquent mes yeux de nouveau. Des larmes chaudes, heureuses cette fois. Pas ces larmes amères qui me font sangloter. James ne me quittera jamais pour de bon. Nous nous soucions trop de l'un l'autre, même si nous ne le montrons pas toujours. J'ouvre la fermeture éclair de mon sac de couchage et j'en sors. J'ai besoin d'une promenade.


Les pensées remplissent mon esprit tandis que je m'approche d'un ruisseau et m'assied sur une roche. Je trempe mes pieds nus dans l'eau fraîche et j'écoute les gazouillements et croassements émanants du flot. Durant ma vie entière, j'ai eu peur de me sentir proche des gens parce que j'avais également peur qu'ils m'abandonnent. J'ai eu tant de pertes; j'ai été détruite tant de fois que je ne peux plus supporter cela désormais. La plupart des gens ne pensent qu'à leurs propres intérêts.


Mais pas tout le monde... Ma mère voulait le mieux pour moi. J'étais sa princesse, elle voulait me traiter de la sorte. Ce n'était pas sa faute si elle m'a abandonnée, elle ne voulait pas me quitter.


Oh, maman... je suis désolée.


De nouvelles larmes quittent mes yeux. Un peu plus amères cette fois.


J'ai vécu dans le mensonge durant ma vie entière. Je me suis trompée, ma peur m'a coûté le bonheur. Les gens sont malhonnêtes, avides, traitres mais.... il y a de rares personnes qui ont de la compassion, de la crainte, de l'incertitude, de la solitude et de l'espoir.


J'entends un bruit derrière moi, venant de derrière les buissons. Je ne dois pas me retourner pour savoir de qui il s'agit.


James s'assied à côté de moi. Il s'est réveillé en sentant que je m'étais éloignée.


 "Il est tard, qu'est-ce que tu fais ici?"


Je hausse mes épaules "Je pense."


"À quoi penses-tu?"


"À  pas grand chose, juste quelque chose que j'aurais dû comprendre depuis longtemps.


James sourit d'un air endormi "Que tu devrais être couchée?"


"C'est un peu plus philosophique que cela" dis-je en fronçant mes sourcils dans l'irritation.


"Ah?"


Nous restons assis dans le silence pendant un moment.


"Jessie, j'ai fais un rêve étrange."


"Lequel?" dis-je en agitant mes pieds doucement dans l'eau. Je regarde les ondulations s'étendre en cercles parfaits.


"Je ne m'en rappelle pas vraiment mais tu étais dedans."


"Ah oui?"


"Oui, tu me parlais surtout."


Mes joues commencent à se réchauffer. C'est une bonne chose qu'il fasse sombre "Ah bon? Ai-je dit quelque chose d'important?"


"Je pense."


Silence. Je le regarde avec espoir. "Quoi?"


Il hausse ses épaules, s'approche puis il enveloppe ses bras autour de moi prudemment.


Je me détends, c'est quelque chose que je n'ai pas fait depuis longtemps. M'appuyant contre son torse chaud, je murmure: "Que t'ai-je dit?"


James me sourit "Que tu avais quelque chose d'important à me dire."


Je roule mes yeux. Il a raison, bien sûr. Est-ce qu'il a compris? Par la façon dont il me tient dans ses bras je jurerais que oui. C'est étonnant la façon dont il peut lire mon esprit comme ça. Dois je lui dire que je l'aime? Non, je n'en ai pas besoin.


Il soupire doucement et dit: "Je pense que tu dois dormir maintenant, Jessie."


Il se relève, étend sa main vers moi, je la prend et il m'aide à me relever. Nous marchons ensuite côte à côte jusqu'à notre camp puis nous nous recouchons l'un à côté de l'autre dans nos sacs de couchages et après quelques secondes, James s'endort à poings fermés.


Je suis heureuse de savoir qu'il y a quelqu'un dans ce monde en qui je peux avoir confiance.

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Date de dernière mise à jour : 26/09/2012

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